REPORTAGE - Que sont devenues Yulya et sa fille Victoria, réfugiées ukrainiennes arrivées en France il y a deux ans ?

par Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Marine Giraud, Xavier Baumel
Publié le 23 février 2024 à 18h16

Source : JT 13h Semaine

Depuis l’invasion de leur pays par la Russie il y a deux ans, 14 millions d'Ukrainiens ont été déplacés, selon les chiffres de l'ONU.
Certains se sont réfugiés en France, dont 85 rien qu’en Vendée.
TF1 y a retrouvé Yulya Holyk et sa fille Victoria, rencontrées à leur arrivée en 2022.

"On espère rentrer chez nous au plus vite et que tout redevienne normal, un jour", confiait Yulya Holyk à TF1… C’était en avril 2022. Comme 14 millions de ses compatriotes, la jeune femme a fui la guerre en Ukraine pour trouver refuge ailleurs. En l’occurrence, en France. Elle et sa fille, Victoria, ne sont pas reparties depuis. L’exil, bien que douloureux, est devenu aventure humaine, comme elle le raconte à TF1 ce vendredi 23 février 2024, dans le reportage du JT en tête de cet article.

Lorsque nous l’avions rencontrée pour la première fois, Yulya ne parlait pas un mot de français. Elle venait de traverser l’Europe en car pour débarquer, début mars 2022, à Nantes (Loire-Atlantique). Avant d’être accueillie, grâce à une association, dans une famille française, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée). Chez Clarisse Gasnet. "Assez rapidement, elle a pris sa place dans la famille pour nous aider. Au niveau de la cuisine, on ne perd pas au change", se réjouissait cette dernière il y a deux ans. 

Si les premiers jours, déracinement oblige, ont été difficiles, tous ont su s'adapter, pour trouver un équilibre. "Grâce à Dieu, la famille est très gentille et tout se passe bien. On ne parle pas la même langue mais on arrive à se comprendre, les enfants aussi", disait alors Yulya, entre deux cours hebdomadaires de français. Un apprentissage ardu, d’une langue si éloignée de la sienne.

Ce vendredi, elle répond en français aux questions de TF1. Tandis que Victoria poursuit sa scolarité en Vendée, la maman travaille désormais comme agent d’entretien dans un hôtel sur le littoral. Une victoire pour elle qui, malgré ses deux diplômes, a peiné à trouver un emploi. "En pharmacie, ce n’était pas possible, comme je n’ai jamais parlé français", explique-t-elle.

L’essentiel est ailleurs : dans sa nouvelle routine, ses revenus stables, les collègues avec lesquels elle peut échanger... "Souvent, elle nous montre des photos de l’Ukraine, de ses parents ou de sa fille, témoigne l’un d’eux. Il n’y a pas longtemps, il y a eu un bombardement dans sa ville natale, donc elle était très inquiète pour son voisin."

Yulya et Victoria n’habitent plus chez Clarisse. Après 18 mois dans leur famille d’accueil, elles ont trouvé leur propre appartement. "C’est précieux qu’elle puisse s’autonomiser au quotidien. C’était un pas compliqué à faire, parce que ça veut dire rester ici sur du plus long terme", félicite l’ancienne hôtesse. Sur les 85 réfugiés ukrainiens accueillis en Vendée, 25 sont encore là. Les deux tiers sont donc repartis, en Ukraine ou dans d’autres pays d’Europe. En quête, eux aussi, de cette indépendance.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Marine Giraud, Xavier Baumel

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