La France face à une sécheresse majeure

VIDÉO - Ardèche : des agriculteurs privés d’aides à cause... d’un satellite

Léa Tintillier | Reportage Céline Blampain
Publié le 13 janvier 2023 à 16h25
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Les agriculteurs d’une partie de l’Ardèche ne toucheront pas les aides calamités agricoles liées à la sécheresse de 2022.
Celle-ci les a durement touchés, mais l’intelligence artificielle d’un satellite dit le contraire.
Les éleveurs ne décolèrent pas.

La nouvelle est tombée comme un coup de massue. "Juste derrière la montagne, les agriculteurs sont reconnus pour la calamité, alors que nous, on ne l’est pas ici. On est à cinq ou six kilomètres. Le soleil brille autant d’un côté que de l’autre", ironise Michaël, éleveur de brebis à Saint-Joseph-des-Bancs (Ardèche). Contrairement à ses voisins, il ne touchera pas les aides calamités agricoles pour la canicule 2022, une somme de 3000 euros, car sa commune n’a pas été reconnue en état de sécheresse avancée.

"C’est une photo que j’ai prise le jour où j’ai coupé le foin sur cette parcelle, montre Michaël dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. Et quand on voit une photo comme ça, on nous dit qu’on n’est pas reconnus en calamité parce qu’on n’a pas de sécheresse ?", interroge-t-il devant une image d’herbe complètement grillée. Ses faibles réserves l’attestent également. Il a perdu 45% de sa récolte de fourrage. Cela représente pour lui une perte financière de 9000 euros. "C’est l’année la plus sèche que j’ai sur l’exploitation depuis 30 ans", affirme-t-il. 

500 éleveurs concernés

Comme lui, 500 éleveurs du centre de l’Ardèche sont exclus des aides. Comment l’expliquer ? Le ministère de l’Agriculture utilise les données d’un satellite qui mesure la pousse d’herbe et calcule des taux de rendement par intelligence artificielle. "Il va me manquer 60 tonnes de foin", se désole Dominique Laffond, éleveur de vaches à La Rochette (Ardèche). Et quand on lui demande si le centre de l’Ardèche a connu un microclimat, la question le fait sourire. "Il faut croire... le problème, c’est que c’est le satellite qui a mesuré ça. Mais quand on est sur le terrain, on constate qu’on a eu les effets sécheresse comme les autres", assure-t-il. 

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Les agriculteurs ont envoyé une lettre à leur ministre pour exprimer leur colère. Benoît Claret, président de la chambre d’agriculture de l’Ardèche, montre sur son ordinateur les données du satellite. "On voit bien la région Auvergne-Rhône-Alpes, et enfin cette enclave qui n’est pas reconnue : taux de perte reconnu à 0%. Les bras m’en tombent, la situation est incroyable", déclare-t-il. 

Selon lui, toutes les études sur le terrain avaient démontré des pertes de fourrage supérieures à 30%. "Quand on a notre préfet de département, la direction départementale des territoires, qui sont à nos côtés pour dire, en effet, on est sur une situation où il y a eu une sécheresse, je pense qu’on ne se trompe pas. Et que s’il y a un élément qui n’est pas le bon, c’est peut-être bien le satellite et pas ceux qui sont présents sur le terrain", poursuit Benoît Claret. Contacté, le ministère affirme de son côté que le satellite mis au point par la société Airbus est fiable à 90%. 


Léa Tintillier | Reportage Céline Blampain

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