Sur les deux millions de familles monoparentales recensées en France, 83% sont gérées par des mères seules.
Pour elles, séparation rime souvent avec précarisation.
Le magazine de TF1 "Sept à Huit Life" a suivi Halima, maman de deux grands enfants, qui dû changer ses habitudes et compte désormais chaque de dépense.

"Je suis maman-calculatrice". Pour Halima, faire les courses est devenu un véritable casse-tête. La mère de famille, qui vit à Marseille, et ses deux enfants, Yazid et Lila, font partie des deux millions de familles monoparentales recensées en France. Parmi ces dernières, 83% sont gérées par des mères seules, pour qui séparation rime bien souvent avec précarisation

Comptable, Halima touche un salaire mensuel d'environ 1650 euros. Soit 200 euros de plus que le smic, malgré ses 24 ans d'expérience au sein de la même entreprise, et à peine de quoi couvrir ses frais fixes, qui s'élèvent à plus de 1200 euros. Une fois les dépenses contraintes déduites, il ne reste, pour elle et ses enfants, que 350 euros pour l'alimentation et les loisirs. Et sa famille ne dépend que de son seul revenu, puisqu'elle ne touche pas de pension alimentaire. 

Désormais, dans les rayons du supermarché où elle fait ses courses, Halima est contrainte de respecter un budget fixé à l'avance. "Calculer, c'est le genre de choses que je ne faisais pas avant. Comparer, calculer au poids ce que je vais arriver à acheter ou non… C'est un changement d'habitude", confie-t-elle dans la vidéo à voir en tête de cet article, replay d'un reportage sur le combat quotidien des mères seules diffusé ce dimanche dans "Sept à Huit Life". Si elle a pensé à chercher du travail ailleurs pour un meilleur salaire, Halima craint de quitter son CDI. "Comme je suis maman et que je suis seule, j'ai peur. Mon collègue qui a fait ça, il a une femme qui travaille. C'est facile d'être en couple et de partir. Je n'ai pas envie de me retrouver sans rien non plus", explique-t-elle.

Face aux fins de mois difficiles, chacun est mis à contribution. Yazid, le grand-frère de  21 ans, étudiant en master de statistiques, cumule deux petits boulots pour financer ses vêtements et ses sorties. Halima, elle, passe son temps à arbitrer entre les dépenses indispensables et celles dont il faut se passer. Le salon de coiffure est par exemple devenu un véritable luxe.

L'aide alimentaire en dernier recours

Le reportage suit également Monica, elle aussi maman solo. Pour pouvoir s'occuper de ses quatre enfants, dont deux sont en bas âge, elle a échangé un temps plein contre un temps partiel. Elle gagne ainsi 900 euros nets, complétés par une pension alimentaire de 100 euros et des allocations familiales. Mais cela ne suffit pas à nourrir la famille, Monica est contrainte d'avoir recours à l'aide alimentaire. Une fois par semaine, elle se rend dans les locaux d'une association pour collecter de l'aide. Viande, farine, huile… des denrées précieuses pour la mère de famille. "Pour tout ça, dans un magasin, j'en aurais eu pour presque 50 euros", assure-t-elle. Avant de poursuivre : "Je suis fière de venir, parce que je n'ai ni volé, ni mendié".

La mère de famille refuse de ne dépendre que de l'aide qu'elle reçoit et des aides sociales. "Je préfère aller travailler au lieu de rester à la maison. Parfois, les gens me disent "mais toi, avec quatre enfants, tu peux rester à la maison. Pourquoi tu cours pour occuper tes enfants ?" Mais moi, je ne veux pas ça, même si je ne gagne pas beaucoup. Au moins, je montre un bon exemple à mes enfants pour qu'ils sachent qu'en tant que mère célibataire, sans mari, on peut se lever tôt aussi".


S.B. | Reportage "Sept à Huit Life"

Tout
TF1 Info