Début septembre, les Restos du Cœur tiraient la sonnette d'alarme sur leur situation financière.
Deux mois plus tard, malgré la médiatisation et les dons, l'association sera contrainte de refuser du monde et de fournir moins de repas durant la prochaine campagne hivernale.
TF1 fait le point avec ses bénévoles.

L'association créée par Coluche ne mourra pas. Avec 32 millions d'euros récoltés auprès de particuliers, d'entreprises et du gouvernement, la survie des Restos du Cœur est garantie. Les plus démunis, eux aussi, sont soulagés : "C'est indispensable pour moi, cela m'aide beaucoup", affirme Élodie, bénéficiaire, qui n'a que 100 euros par mois pour vivre une fois son loyer payé. 

L'association avait lancé un cri d'alarme le 3 septembre dernier, en prévenant qu'elle était contrainte de restreindre le nombre de ses bénéficiaires. Suite à cet appel, les annonces de dons se sont multipliées, dont une de 10 millions d'euros provenant de la famille de Bernard Arnault, propriétaire du numéro un mondial du luxe LVMH. Le gouvernement a quant à lui promis une aide de 15 millions d'euros. 

Avec la hausse de l’inflation, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 40% en deux ans. "C'est effrayant de voir la progression des gens qui viennent ici en nombre, ce sont souvent des familles nombreuses qui n'ont rien", constate Jean-Claude, bénévole au sein de l'association, interrogé dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Malgré les dons de ces deux derniers mois, le délégué général de l'association, Jean-Yves Troy, avait déjà indiqué le 4 octobre que les Restos du cœur allaient devoir "pour la première fois refuser du monde" et réduire la quantité de l'aide apportée dès le mois de novembre.

"Les Restos du cœur ne sont pas dimensionnés aujourd'hui pour distribuer 170 millions de repas, pour accueillir 1,3 million de personnes", avait-il déclaré devant la commission des finances de l'Assemblée nationale. Olivier Véran avait quant à lui annoncé, dès le lendemain, que le gouvernement "ne laissera pas les Restos du cœur sans solutions". 

Moins de repas et moins de bénéficiaires

En France, 1.300.000 personnes ont aujourd'hui besoin des Restos du Cœur. Une situation ingérable pour l'association, qui a effectivement dû prendre des mesures drastiques. “Une personne qui est acceptée à l’aide alimentaire des Restos du Cœur a droit à six repas par semaine. Et nous allons être obligés, pour pouvoir tenir le choc, de passer à quatre repas par semaine”, détaille Yves Mérillon, porte-parole des Restos du Cœur. "C'est un véritable crève-cœur parce que cela ne nous était jamais arrivé", ajoute-t-il. 

Par ailleurs, dès la fin du mois de novembre, le plafond de ressources pour bénéficier de l’aide sera relevé. "Vous dépassez le montant du barème, on ne peut pas vous donner à manger pour l'hiver", annonce Éliane, elle aussi bénévole, à un bénéficiaire du centre. Moins de personnes seront ainsi accueillies. "On n'a pas trop le choix, mais ce n'est pas évident pour nous, pour les gens", se désole-t-elle. Les Restos du Cœur exhortent les pouvoirs publics à trouver des solutions pérennes pour les plus pauvres, afin qu'ils n'aient plus à se tourner vers les associations.


M.T | Reportage Frédérique Agnès, Maud Gatineau

Tout
TF1 Info