Deux semaines après l'instauration de l'état d'urgence en Nouvelle-Calédonie, la mesure sera finalement levée ce lundi 27 mai.
Les chefs indépendantistes voient également leurs assignations à résidence levées.
Si la situation est plus calme qu'au début du mouvement de contestation, les barrages subsistent sur les routes de l'archipel.

Instauré le 16 mai dernier, trois jours après le début de la fronde de la population en Nouvelle-Calédonie, l'état d'urgence sera finalement levé ce mardi 28 mai à 5h heure locale, lundi 27 mai à 20h, heure de Paris. Un soulagement pour l'archipel mais également pour le chef indépendantiste Christian Tein, assigné à résidence, comme une vingtaine d'autres initiateurs du soulèvement. La mesure d'exception limite, dans un périmètre restreint, les mouvements de celui qui est à la tête de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT).

C'est lors d'un trajet en voiture, accompagné de notre journaliste, qu'il apprend que sa liberté va lui être rendue et qu'il va pouvoir donner directement ses consignes, sur le terrain. Un geste d'apaisement de la part de l'Etat ? "Je peux le prendre comme ça", répond Christian Tein. Pour autant, ce dernier n'appelle pas à une levée complète des barrages mais à "une meilleure fluidité et un apaisement. Que les dispositifs de sécurité, de secours, d'alimentation, puissent reprendre dans les quartiers aussi", explique-t-il. Mais, en attendant que la levée de son assignation à résidence soit effective, il doit encore, ce lundi 27 mai, pointer à la gendarmerie, comme il le fait trois fois par jour depuis deux semaines.

"Ils sont déterminés"

Dans le fief kanak où Christian Tein réside, les barrages sont toujours bien présents. Il y en a un tous les 100 mètres le long de la route, stratégique, qui relie Nouméa au sud de l'île. Les barricades, constituées entre autres de voitures calcinées, ne disparaîtront pas d'elles-mêmes. 

A Saint-Louis, bastion des indépendantistes et lieu où le gendarme Nicolas Molinari a été tué le 15 mai dernier, un militant présent lors du drame le déplore. Malgré tout, il ne compte aucunement abandonner la mobilisation. "Maintenant, il faut que nous arrivions à trouver une véritable solution politique. Si vous voulez que ça s'arrête, la solution n'est pas d'envoyer 3000 soldats sur le terrain. Aujourd'hui, les jeunes, aussi bien les vieux que les jeunes, sont déterminés", assure-t-il. 

Par ailleurs, parallèlement à la fin de l'état d'urgence, Paris a décidé d'envoyer de nouveaux renforts, soit 450 gendarmes mobiles supplémentaires.


S.B.

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