Crise des migrants : naufrage meurtrier au large de Calais

VIDÉO - Ils s'enrichissent sur la détresse des migrants : enquête sur les réseaux de passeurs calaisiens

La rédaction de LCI | Reportage vidéo M. Fiat
Publié le 26 novembre 2021 à 21h18
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Source : TF1 Info

ENQUÊTE - Après le naufrage dans la Manche qui a coûté mercredi la vie à 27 hommes et femmes qui tentaient d'atteindre le Royaume-Uni, le 20H de TF1 se penche sur le sinistre business des passeurs, qui profitent à plein de la crise des migrants.

Suite au dramatique naufrage de mercredi, le gouvernement n'a eu de cesse de dénoncer les passeurs, "des trafiquants d'êtres humains" qui organisent le "pire des systèmes", selon Emmanuel Macron, "les premiers responsables de cette ignoble situation", d'après une déclaration du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. 

Sur la côte calaisienne, cette lutte contre les passeurs est principalement policière. Des agents spécialement équipés pour accéder aux zones les plus escarpées récupèrent chaque jour des bateaux, des moteurs et des bidons d'essence cachés par les passeurs afin d'empêcher les migrants de prendre la mer.

Des traversées "artisanales" d'autant plus dangereuses

Selon le reportage de TF1, visible en tête de cet article, les filières de migrants sont implantées partout. Si des réseaux sont démantelés chaque semaine par les enquêteurs, les passeurs seraient aussitôt remplacés. Pas réellement organisée, la pratique restant "artisanale"

Dans un rapport de 2017, l’association La Cimade faisait même valoir que la lutte contre les passeurs a pu mettre davantage en danger les migrants : les embarcations en bois, plus faciles à saisir et détruire, ont été remplacées par des bateaux pneumatiques moins fiables, plus propices au naufrage.

Mais malgré les risques, les exilés restent déterminés. "J'ai entendu que des personnes étaient mortes en mer. Moi, je n'ai pas peur. Je suis passé par la Libye, rien ne peut être pire que là-bas", assure un migrant interviewé par TF1. Chaque migrant doit payer 400 euros pour un passage en camion, 4000 euros pour une place en bateau. 

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La police aux frontières, de son côté, multiplie les zones de contrôle en amont de la région du Calaisis. Sur un ancien poste frontière franco-belge, les agents arrêtent des véhicules pour contrôler leur chargement. "Certaines semaines, 60% des migrants que nous interpellons sur Dunkerque ou sur Calais disent venir de Belgique. Les trafiquants de migrants qui mettent à disposition des embarcations pour l'organisation des traversées maritimes viennent pour une grande partie d'entre eux d'Allemagne en transitant par la Belgique", explique le directeur de la police aux frontières de la zone, Jean-Philippe Nahon. 

Faute d'une collaboration suffisamment fluide entre les capitales des différents pays, la dimension internationale des réseaux complique les enquêtes contre les passeurs. Les ministres européens de l'Intérieur se réunissent sur le sujet dimanche à Calais.


La rédaction de LCI | Reportage vidéo M. Fiat

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