Halloween : ce camping des Pyrénées-orientales en met plein la vue à ses clients

par Hamza HIZZIR | Reportage "Sept à Huit" Paul Montels
Publié le 30 octobre 2023 à 14h47, mis à jour le 30 octobre 2023 à 17h13
Halloween : ce camping des Pyrénées-orientales en met plein la vue à ses clients

Un camping de Bacarès, dans les Pyrénées-Orientales, se transforme pour Halloween en un gigantesque lieu de fêtes et d'horreurs.
Il parvient ainsi à faire le plein alors que ses concurrents sont presque tous déjà fermés.
Une équipe de "Sept à Huit" vous y emmène.

En cette fin du mois d’octobre, les Français ont rangé maillots de bain, tongs et serviettes au fin fond des placards, tandis que l’immense majorité des campings du pays ont fermé leurs portes en attendant le retour du soleil. Ce que les professionnels du secteur nomment la basse saison. Un établissement, pourtant, enregistre sa plus grosse journée d’arrivées de l’année le premier samedi des vacances de la Toussaint : le camping Le Floride à Barcarès (Pyrénées-Orientales), qui surfe sur la vague Halloween depuis huit ans, accueillant plus de 1.500 familles dans ses 450 mobiles homes.

"Les pires vacances du monde"

Zombies, sorcières, vampires, authentiques corbillards, citrouilles et déguisements… Rien ne manque pour terrifier les clients dès la réception, encadrée par deux grandes cages abritant un boucher et une momie ensanglantés. "C’est le moment où nous, les animateurs, on peut se lâcher. Si on a des enfants qui nous embêtent, on va les embêter en retour", rigole Dorian, 27 ans, l’un des 80 saisonniers (dont 20 animateurs, 5 de plus que pendant l’été) mobilisés pour l’occasion, dans le reportage de "Sept à Huit" à retrouver en tête de cet article.

Les efforts déployés sur le maquillage et les jeux d’acteur font effet. Au point que même les enfants des familles déjà venues les années précédentes fondent encore en larmes, comme Théo, 11 ans, pas plus rassuré que sa petite sœur en débarquant dans le camping depuis Toulouse. "Les pires vacances du monde", sanglote-t-il, blotti dans les bras de sa mère… Avant de finalement se prendre au jeu, comme les autres années. "Comment on fait pour doser ? Quand je vois que les enfants ont peur, je leur tends ma vraie main et je reprends ma voix naturelle. Ils touchent, ils enlèvent mon masque et dès que je vois que ça va mieux, je m’y remets et ils partent en courant", explique Dorian.

Outre cette fête de la peur réunissant les grands et les petits, ce sont des tarifs attractifs qui créent cet afflux de clients en plein automne. "Pour une semaine de vacances, on avait regardé au mois d’août, il y en avait pour 1.800 euros. Là, on a exactement les mêmes prestations et les mêmes services pour trois ou quatre fois moins cher", détaille Vanessa, la maman de Théo, chauffeur poids lourd de profession, qui a ainsi pu dépenser 170 euros en friandises, décorations et déguisements.

L’idée est venue aux fondateurs de l’établissement il y a onze ans. "C’était pendant un voyage en famille au Mexique en 2012, à la période de la fête des morts. Toutes les rues étaient décorées avec des squelettes en papier mâché, c’était vraiment chouette", rembobine Sylvie, la directrice. Son mari, Lionel, poursuit : "Halloween au camping, on n’avait jamais vu ça. Du coup, on s’est dit ‘pourquoi pas ?’. On a commencé comme ça. Un corbillard, un peu de déco, trois bottes de paille, deux citrouilles… Et la sauce a pris. Les gens ont adoré."

Le couple s’enorgueillit d’avoir été le premier camping en France à miser sur Halloween. Sans lésiner sur les moyens. Comme le montrent les corbillards de collection, star des parades quotidiennes organisées par l’établissement à la tombée de la nuit. "Le premier m’est revenu à 6.000 euros. Je l’ai trouvé en Belgique grâce à un ami campeur. De là est arrivé un deuxième, un troisième, un quatrième… Et maintenant, c’est la fête des corbillards chinois", raconte Lionel, qui consacre une grande partie de son temps à leur entretien, dans son atelier où reposent désormais une trentaine de véhicules anciens, parmi lesquels un avion de l’époque soviétique ou une emblématique voiture de police de 1972.

"La sirène, le gyrophare, les policiers américains déguisés en zombies qui parlent dans le micro… C’est magique. Moi, j’adore, et les campeurs aussi. Je pense qu’il faut toujours rester un enfant, même quand on est grand. Les jouets coûtent juste un peu plus cher", sourit Lionel, qui refuse de dévoiler le montant de ses investissements, mais admet qu’il a dépensé, en tout et pour tout, plusieurs centaines de milliers d’euros dans cette fervente célébration d’Halloween. Certaines familles en sont, elles, à leur cinquième séjour automnal de suite dans ce camping de la peur. Et comptent bien revenir l’année prochaine.


Hamza HIZZIR | Reportage "Sept à Huit" Paul Montels

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