Des hackers ont revendiqué lundi la cyberattaque qui a visé début mars la mairie de Lille, annonçant dans le même temps avoir diffusé en ligne quelque 305 gigaoctets de données volées.
Près d'un mois après, les Lillois continuent d'en ressentir les conséquences.

Sur les portes des mairies de quartier de Lille, on peut lire des affiches avec des messages signifiant une "intrusion dans les systèmes d'information". Ce n'est ni plus ni moins qu'une cyberattaque qu'ont subie les services informatiques de la ville début mars. Depuis, c'est toute l'administration municipale qui dysfonctionne : les ordinateurs s'allument à peine et, plus ennuyeux, il est devenu très difficile pour les Lillois d'obtenir des documents, à l'instar de cette habitante, interrogée dans le reportage de TF1 ci-dessus, venue récupérer l'acte de naissance pour sa fille à la mairie : "Ils ne peuvent pas me le délivrer", dit-elle.

Concrètement, dans le quotidien des Lillois, les conséquences se révèlent nombreuses. L'entrée du zoo a, par exemple, dû être rendue gratuite. Les premiers jours, les billetteries ne fonctionnaient plus. Même chose pour le Palais des Beaux-Arts. Une enquête a été ouverte il y a un mois, mais ce lundi, des pirates se sont manifestés. Ces hackers ont revendiqué la cyberattaque et annoncé avoir diffusé en ligne quelque 305 gigaoctets de données volées, a-t-on appris lundi auprès de la commune et d'un spécialiste en cybersécurité.

La problématique, c'est que n'importe quel autre pirate va pouvoir télécharger ce genre d'informations et les réexploiter
Damien Bancal, spécialiste en cybersécurité, à TF1

Alors la question se pose : qu'est-ce qui a été dévoilé ? "On ne sait pas encore ce qu'il y a dedans", répond auprès de TF1 Damien Bancal, fondateur du site Zataz.com. "S'il y a des données personnelles, par exemple, d'administrés lillois ou d'employés municipaux, la problématique, c'est que n'importe quel autre pirate va pouvoir télécharger ce genre d'informations et les ré-exploiter". "Ce qui m'inquiète, c'est qu'ils précisent n'avoir diffusé que 10%" du total, ajoute-t-il auprès de l'AFP. "305 gigas de données, c'est équivalent à 150 disques blu-ray. Si c'est seulement 10%, c'est complètement fou (...) Ils ont caché cela dans le dark web." 

La ville de Lille n'a pas souhaité répondre aux questions de nos journalistes. Pour le moment, les services municipaux travaillent tant bien que mal sans pouvoir utiliser l'informatique. Personne ne sait quand la situation reviendra à la normale.


La rédaction de TF1info | Sébastien Hembert, Bora Agirbass

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