C’est un hangar dans lequel sont simulés tous les événements imprévisibles avec des effets spéciaux dignes d’Hollywood.
Inauguré à Toulouse le 25 avril, ce lieu a été pensé pour que les soignants, les pompiers ou les militaires puissent se former dans des conditions quasi réelles.
Une équipe de TF1 s'y est rendue.

Anticiper l’invraisemblable ne va pas de soi. C’est pourtant le défi qu’a relevé le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse (Haute-Garonne) en concevant le centre de Simulation environnementale et neurosensorielle (SENS), un bâtiment unique au monde, inauguré le 25 avril, que TF1 visite dans le reportage du JT à voir en tête de cet article. Un bâtiment de 364 m² comprenant un hangar de 147 m² isolé thermiquement et phoniquement, où il est désormais possible de recréer, avec un réalisme encore jamais atteint, les conditions de situations de crise très variées, allant de l’explosion d’une usine chimique à l’attentat terroriste, en passant par l’accident de la route, l’avalanche ou le tremblement de terre.

Ce n’est pas du cinéma, bien au contraire : ce lieu vise à former les personnels soignants, les militaires, les pompiers ou les associations humanitaires, en fait toutes les personnes susceptibles de se retrouver en première ligne lors d’une intervention cruciale. Images sur les écrans géants recouvrant les murs, jeux de lumière, bruits de sirène et d’hélicoptère, vent, neige et pluie artificiels, température allant de – 5°C à 30°C, vibrations, odeur de sang diffusé dans l’air… "C’est totalement différent ! Le son, la chaleur… On est vraiment en conditions réelles", témoigne, à notre micro, Lilian Gelbert Carrasco, médecin en formation et en sueur, au sortir d’un exercice visiblement éprouvant.

En surplomb, dans une zone de supervision de 52 m² à l’abri des regards, David Soulès, ambulancier de profession, fait office de chef d’orchestre en pianotant sur ses claviers lumineux, entouré par quatre écrans évoquant une salle de contrôle. "En appuyant là, je peux ajouter de la fumée à l’intérieur de la salle, regardez, alors qu’avec cet écran tactile, on peut par exemple les mettre dans une configuration enneigée, au pied d’une avalanche, avec une température négative, pour un exercice de prise en charge d’un polytraumatisé", explique-t-il. Chacune de ses interventions doit correspondre à un scénario précis, écrit en amont, incluant les effets de surprise pour déstabiliser un peu plus encore les élèves. 

"L’objectif, c’est de savoir s’il y a un ralentissement dans le geste, ou si on est perturbé par l’environnement au point de faire le geste qui n’est pas le bon", formule le Dr Anne Raynaud-Lambinet, médecin urgentiste au CHU de Toulouse, référente pour les situations sanitaires exceptionnelles. "C’est aussi d’apprendre à communiquer en situation de stress, dans un environnement où il y a du bruit et des interférences liées au port du masque à gaz", ajoute le Dr Audrey Micaud. En outre, selon les scientifiques, en se confrontant à la réalité du terrain, les effets post-traumatiques des soignants seraient considérablement réduits.

Il y a quelques semaines, le hangar a pris les atours d’une salle de spectacle fictive, cadre d’une formation rappelant à s’y méprendre l’attentat du Bataclan, pour que des médecins testent leurs protocoles de soins. "Certains étaient dans la sidération, submergés par le côté événementiel qu’on leur proposait, il a fallu que des collègues aillent les chercher", se souvient David Soulès. Un entraînement plus difficile que d’autres, mais pour Benoît Viault, responsable du SENS, il est devenu primordial de se préparer aux "catastrophes naturelles, avec le dérèglement climatique", ainsi qu’aux "vagues d’attentats terroristes, de plus en plus nombreux depuis vingt ans, et dont on sait, grâce à nos prévisions, qu’ils vont continuer d’augmenter".


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Perrine Mislanghe, François Guinle

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