Plus de 100.000 armes à feu, dont la moitié détenues illégalement, seraient en circulation en Nouvelle-Calédonie, en proie depuis plus d'une semaine à des violences meurtrières.
Dans le fief indépendantiste de Rivière-Salée, où s'est rendu le grand reporter de TF1 Michel Scott, les militants affirment qu'ils ne font que se défendre.
Regardez ce reportage du 20H.

Une véritable poudrière, où les armes à feu pullulent clandestinement. Les derniers chiffres en date font état de 64.000 armes à feu officiellement déclarées en Nouvelle-Calédonie. Mais le double serait en réalité en circulation, soit une pour deux habitants. De quoi rendre la situation explosive. Quartier populaire au nord de Nouméa, Rivière-Salée est l’un des points les plus chauds. La présence d’armes à feu n’est un secret pour personne dans ce fief indépendantiste. Darewa Dianou, un militant interrogé dans le reportage à voir en tête de cet article, affirme que ce sont les Kanaks qui en sont les premières victimes. 

Ce militant en veut pour preuve la présence d’un véritable arsenal dans la maison d'un homme, qu’ils ont saccagée en représailles. Celui qu'ils appellent "le milicien" est l'auteur d’une fusillade qui a tué deux jeunes Kanaks samedi à bord d’une voiture. À l'intérieur de la maison, des centaines de douilles jonchent le sol. "C’est avec ça qu’ils tuent nos enfants", affirme Darewa Dianou, en brandissant deux douilles de gros calibre.

Ils nous tuent comme des petits chiens.
Darewa Dianou, un militant indépendantiste

En fouillant la maison, deux armes de guerre ont été retrouvées à l’intérieur d'un coffre-fort. "Nos enfants sont désarmés. Ils nous tuent comme des petits chiens", enrage Darewa Dianou. "On nous parle du vivre ensemble. Mais vous voulez qu’on vive avec des gens comme ça ?", lance-t-il. Les fusils d'assaut récupérés ont disparu dans la nature. Ils sont peut-être aux mains des jeunes émeutiers.

Mais une chose est sûre, les membres de cette communauté sont eux aussi la cible de tirs. "Hier après-midi [dans la nuit de dimanche à lundi, dans l’Hexagone], on se promenait en voiture et ils ont tiré", témoigne ace à notre caméra un jeune garçon blessé.

Du côté des loyalistes, on déplore ces dérives. À l’autre bout de la ville, William, qui participe à la vigilance citoyenne de son quartier, est bien placé pour connaître les risques que fait penser la circulation de ces stocks d’armes sur l’île. En tant que tireur sportif, il en possède chez lui. Mais pas question de les utiliser. "On n’est ni la police ni la gendarmerie. On est simplement des citoyens qui défendent notre quartier et nos enfants pour éviter que tout brûle et pouvoir vivre en bonne harmonie", dit-il. 


M.D. | Reportage TF1 Michel Scott et Fabrice Amzel

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