VIDÉO - Retards de paiement : des grandes entreprises mises à l'amende

par La rédaction de TF1 | Reportage Charles Diwo, Kévin Jinlack
Publié le 31 octobre 2023 à 11h19

Source : JT 20h Semaine

Les retards de paiement sont un cauchemar pour les PME passibles d'amendes en cas d'abus.
Les autorités de la concurrence ont décidé de taper du poing en publiant, désormais, les noms des mauvais élèves.
Et souvent, ce sont les grandes entreprises qui arrivent en tête.

Ce patron le sait, chaque jour, les comptes de son entreprise sont un peu plus dans le rouge. "Je passe mon temps avec ma comptable à relancer et aller chercher l'argent", déplore Yannick Senne, président de la société e TUB 2000TS.  Trois cent mille euros manquent à l'appel dans la trésorerie. En cause, des clients, des entreprises, qui tardent à payer leurs factures. 

"J'ai des délais qui sont passés de 45 jours à plus de 160 jours, poursuit le dirigeant qui prend l'exemple d'une facture émise le 28 février. "Elle aurait dû être payée au 31 mars, soit 30 jours après. Et nous sommes le 30 octobre, elle n'est toujours pas recouverte et il y en a pour 10 000 euros", pointe-t-il.

Nous avons clairement arrêté de travailler depuis longtemps avec les grands groupes qui ne paient pas régulièrement.
Francis Lheure, PDG de l'entreprise OBM construction

Cela représente sept mois de retard, au risque de menacer l'avenir de l'entreprise, car dans le même temps, elle aussi doit payer ses factures. Les retards ne concernent pas uniquement les petits clients. Parmi les moins enclins à payer rapidement, il y a beaucoup de grands groupes privés. Certains sont pointés du doigt par le ministère des Finances.  Spécialistes de la gestion des déchets, de la vente en ligne ou encore du bricolage, au total plus d'une quarantaine d'entreprises ont nommément été épinglées.  Le montant des amendes s'élève à douze millions d'euros cette année.

Les principales concernées n'ont pas souhaité réagir. Pourquoi traîne-t-elle autant ? C'est simple, elles attendent des rentrées d'argent. Elles évitent au maximum d'utiliser leur fonds propre. Des pratiques qui ont agacé ce patron d'une PME spécialisée dans les constructions en bois. Il a donc pris une décision drastique. "Nous avons clairement arrêté de travailler depuis longtemps avec les grands groupes qui ne paient pas régulièrement et pour éviter d'être mis en péril par un manque de trésorerie", assure  Francis Lheure, PDG de l'entreprise OBM construction. Ce risque est réel. Selon une récente étude, un quart des faillites de PME est lié à des retard de paiement. 


La rédaction de TF1 | Reportage Charles Diwo, Kévin Jinlack

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