40 ans après avoir convaincu les députés français d'abolir la peine de mort, Robert Badinter a lancé un appel à l'abolition universelle. Un quart des pays pratiquent encore la peine capitale.

C'est le combat de sa vie. Pour les commémorations de l’abolition de la peine de mort en France, Robert Badinter n'a pas perdu de sa conviction. “La peine de mort est vouée à disparaître de ce monde, parce qu'elle est une honte pour l’humanité. Vive l'abolition universelle”, déclare-t-il. On en est encore loin sur l'abolition universelle. Une cinquantaine d’États dans le monde continuent de l'appliquer. Au moins 483 exécutions ont été recensées en 2020. Certes, ce nombre n'a jamais été aussi bas depuis dix ans, mais il est très sous-estimé. Car la Chine refuse de communiquer ses chiffres.

En France, c'est François Mitterrand, à contre-courant de l'opinion publique, qui annonçait sa volonté d’abolir la peine capitale dès la campagne présidentielle de 1981. “Je suis contre la peine de mort et n'ai pas besoin de lire les sondages, qui disent le contraire. Une opinion majoritaire est pour la peine de mort”, affirmait-il. Par la suite son ministre de la Justice Robert Badinter entre dans l'histoire avec un célèbre discours devant les députés. L'Assemblée nationale abolit la peine de mort. “Demain grâce à vous, il n'y aura plus pour notre honte commune des exécutions furtives à l’aube sous le dais noir dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées”.

Le dernier exécuté par la justice française et Hamida Djandoubi en 1977. Depuis, les guillotines ont été mises au rebut et l'abolition de la peine capitale est inscrite dans la constitution française. Le débat semblait donc clos, mais récemment Éric Zemmour s'est déclaré pour la peine de mort. Alors ce matin, Emmanuel Macron a réagi : “En France comme en Europe, des voix que l'on croyait étouffées ressortent des tréfonds de l'histoire pour appeler au rétablissement de la peine capitale. À ceux qui défendent cette justice qui tue, dites-nous si vous n'êtes pas saisi par le vertige de l'effroi face à la machine aveugle, métallique, de l'administration de la mort”.

Dès 2022, le président de la République veut organiser à Paris une rencontre entre États pour inciter les derniers pays récalcitrants à abolir la peine de mort.


La rédaction de TF1info

Tout
TF1 Info