Le 20h

Sécheresse : des réserves d'eau agricoles vandalisées relancent le débat sur les bassines artificielles

TF1 | Reportage Léonard Attal, Lucas Lassalle, Etienne Dubois
Publié le 11 août 2022 à 12h25, mis à jour le 11 août 2022 à 12h38
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

En début de semaine, deux réserves d’eau destinées à irriguer les cultures ont été violemment endommagées, en Vendée.
Le gouvernement a condamné "avec fermeté ces faits de vandalisme".
L'affaire relance le débat autour de ces bassins d’eau agricoles.

Avec la sécheresse, l’eau devient de l'or bleu au centre de toutes les convoitises. Si bien que les retenues d’eau agricoles sont au cœur d’un débat brûlant. Certains y voient une solution à leurs problèmes de culture, quand d’autres critiquent une utilisation déraisonnée de l’eau. En début de semaine, deux réserves d'eau destinées à irriguer les cultures ont été endommagées volontairement en Vendée. 

Situées sur les communes de Pouillé et Nalliers, au sud-est de la Roche-sur-Yon, les réserves ont fait l'objet "d'actes de malveillance", accuse le syndicat mixte Vendée-Sèvres-Autizes (SMVSA) dans un communiqué. SMVSA, collectivité propriétaire des installations, précise qu’il n’y a pas eu de pertes d'eau. Mais des bâches qui tapissent les parois ont été découpées. Le syndicat demande "la fermeté de la justice" face à des actes qui "ne sont pas signés" et annonce vouloir porter plainte. 

Un vandalisme condamné par le gouvernement

De leur côté, dans un communiqué, les ministres de l'Agriculture Marc Fesneau et de la Transition écologique Christophe Béchu ont condamné "avec fermeté ces faits de vandalisme". "Au-delà des suites judiciaires qui seront réservées, ces dégradations sont inacceptables dans une période de sécheresse historique qui touche l’ensemble du territoire métropolitain", ont souligné les ministres. Ils dénoncent "ces agissements irresponsables". Les ministres font également savoir que, depuis mardi soir, "la surveillance a été renforcée autour des autres réserves du secteur".

Le député de la Vendée, Pierre Henriet, explique de son côté que la surveillance autour de ces bassins a été renforcée. "L’ouverture d’une enquête judiciaire permettra d’identifier rapidement, je l’espère, les auteurs pour qu’ils soient lourdement sanctionnés au vu des conséquences sur la biodiversité et des préjudices pour les agriculteurs et notre alimentation", explique-t-il sur Twitter. 

Une utilisation de l’eau contestée pour certains…

En Charente-Maritime, 16 bassines artificielles sont en projet, autour du Marais poitevin, financé par l'État et les collectivités. Ce projet compte déjà de nombreux opposants. Pour eux, cette solution encourage l'agriculture intensive. L'eau est pompée l'hiver dans les nappes phréatiques lorsqu'elles sont chargées. Cela permet d'irriguer les champs pendant l'été et les périodes de sécheresse. "L'absurdité des absurdités c'est de vider les nappes phréatiques qui sont la réserve commune pour les exposer à l'évaporation et aux pollutions aériennes" s'indigne Julien Le Guet, militant écologiste du collectif Bassines non merci, dans le reportage TF1 en tête d'article. Les collectifs militants appellent à de nouvelles mobilisations, dès le mois prochain. 

Dès 2021, le débat fait rage autour de ces bassines d'eau. Mathilde Panot, désormais présidente du groupe parlementaire La France Insoumise, avait alors exprimé son opposition à la construction de ces réserves artificielles. En mai dernier, cinq bassines, en Charente-Maritime et dans les Deux-Sèvres, ont été interdites par la justice administrative en appel à Bordeaux en raison d'études d'impact insuffisantes. 

… pour d’autres ces bassins sont une véritable lueur d’espoir

"Si on n'avait pas eu la réserve, aujourd'hui l'exploitation serait en très grosse difficulté financière. Je serais certainement en train de me poser la question de savoir si je reste agriculteur ou pas", explique Jacky Fallourd, agriculteur en Charente-Maritime. "On voit que la plante aujourd'hui n'a pas souffert, on a pu l'arroser tranquillement", détaille-t-il. L'agriculteur bénéficie d'un accès à un bassin d'eau artificiel qu'il partage avec onze autres exploitants.

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Cette réserve fait la taille de sept terrains de football réunis, avec une capacité de 240 millions de litres. Creusée l'an dernier, elle a servi presque tout l'été. Elle est désormais presque vide. Les agriculteurs n’ayant pas pu accéder à une réserve de ce type ressentent les conséquences sur leurs cultures. C'est le cas de François Petorin, lui aussi agriculteur en Charente-Maritime. Il a perdu 60% de sa récolte de tournesols cet été. "Désormais c'est fini, la plante a cuit." L'avenir sera peut-être meilleur : "Normalement, on sera bientôt quatre agriculteurs sur une réserve à 300 mètres d'ici. Cela va nous permettre de sécuriser nos cultures", assure-t-il.


TF1 | Reportage Léonard Attal, Lucas Lassalle, Etienne Dubois

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