Le serval est un félin africain dont la détention est illégale en France.
Mais il séduit de plus en plus de particuliers qui découvrent souvent, à leurs dépens, la difficulté de le domestiquer.
Le 20H de TF1 a mené l'enquête sur ce trafic en pleine expansion.

Ils sont promenés en laisse, nourris au biberon, dorment dans le salon… Le serval est la nouvelle star des réseaux sociaux. Pourtant, ce n'est pas un chat, mais bien un félin originaire d'Afrique, dont la détention est illégale en France. Un mètre vingt, une vingtaine de kilos, il est capable de sauter à plus de trois mètres de haut, de courir à 80 km/h, et de manger un lapin ou une poule.

Ici, tous les servals ont été saisis récemment chez des particuliers. Ce zoo est spécialisé dans l'accueil d'animaux issus de trafic, et il commence à manquer de place pour les accueillir. Des animaux de ce type, "on en accueille quasiment toutes les semaines, assure à TF1 le fondateur du refuge "La Tanière", Patrick Violas. Beaucoup viennent de l'Est de la France, parce que beaucoup d'animaux rentrent en France par les pays de l'Est ou la Belgique". Il montre l'un des derniers arrivés, sauvé in extremis : son propriétaire était incapable d'en prendre soin. "Si on n'était pas intervenu dans les 24 heures, il mourrait, il avait avalé un corps étranger, on a dû le faire opérer en urgence. Les gens qui les achètent pensent les détenir dans de conditions. Sauf que ce n'est jamais de bonnes conditions, ils sont très souvent enfermés dans des cages, et surtout ne sont pas nourris comme il faut, ils sont très souvent dans le noir dans des endroits sombres, finissent dans des caves... 

Une détention qui peut coûter cher

Détenir un serval en France, c'est possible après un long parcours administratif : il faut une formation de soigneur et un enclos adapté pour obtenir un certificat de capacité. Ce document, Virginie ne l'a pas. Et pourtant, elle accueille bien un serval chez elle. Par crainte qu'il ne soit saisi, elle souhaite rester anonyme devant notre caméra. Elle a acheté son serval bébé à la frontière belge pour 4500 euros. En grandissant, il était devenu agressif envers son premier propriétaire, qui s'en était débarrasser. Virginie l'a alors récupéré, pensant que c'était un savannah, un croisement entre un chat et un serval, une espèce autorisée sous certaines conditions. "J'ai craqué complètement, j'ai eu un feeling, mais je ne savais rien, assure-t-elle. Quand j'ai su, c'était trop tard, je l'aimais". Détenir un animal sauvage est pourtant passible de 3 ans de prison et de 150.000 euros d'amende. Mais Virginie "s'en fout" : "Là, on parle d'amour d'une bête'.

Le serval est à la mode, et les trafiquants l'ont bien compris. Sur Internet, on trouve des dizaines d'annonces, toutes illégales. Les prix vont de 3500 à 9000 euros. En contactant l'un des vendeurs qui vit en Espagne, l'équipe de TF1 est renvoyée vers la Biélorussie. Une femme en peignoir qui se présente comme une éleveuse donne alors quelques conseils pour le moins sommaires au bout du fil : "Il se nourrit de lait". Tarif pour faire venir l’animal chez soi en France : 7500 euros. Le serval entrera en Europe via la Pologne, où un complice établira de faux papiers en le faisant passer pour un chat domestique, un mau égyptien : bébé, il est très difficile de les distinguer. 


TF1info | Reportage vidéo Baptiste Guenais, Hélène Massiot

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