Sept à huit

TÉMOIGNAGES - "Je ne dormais plus" : le fléau de l'addiction au porno chez les ados

La rédaction de TF1info | Reportage Sept à Huit Elodie Palyswit et Arnaud Maurial
Publié le 16 mai 2022 à 16h06, mis à jour le 16 mai 2022 à 17h41
JT Perso

Source : Sept à huit

En France, les ados sont en moyenne confrontés dès l'âge de 11 ans à la pornographie.
Résultat, un rapport à la sexualité faussé, et des cas d'addiction qui se multiplient.
"Sept à Huit" a enquêté sur ces jeunes accros au porno et sur les moyens de les protéger.

À peine sortis de classe, les élèves de 4ᵉ rencontrés par "Sept à Huit" dans la vidéo en tête se jettent sur leurs téléphones portables. En deux clics, ils se retrouvent face à une vidéo crue de sexe en groupe, mettant en scène cinq femmes et un homme. La loi française est pourtant censée protéger les mineurs de ce type de contenus pornographiques. 

En France, l'âge moyen de visionnage des premières vidéos X sur Internet ne cesse de baisser : il est désormais de onze ans seulement. Avant la fin de sa scolarité en primaire, un enfant sur deux aura déjà vu du porno. Les ados rencontrés par "Sept à Huit" n'ont pas encore eu de rapports sexuels, mais regardent déjà régulièrement des vidéos pornographiques, parfois hard. Cette facilité d'accès et la totale gratuité a des conséquences lourdes sur leur santé psychique : complexes corporels, formes de violence conjugale dès l'adolescence, et phénomènes d'addiction parfois sévères.

Tremblements, spasmes, crises d’angoisse, je ne dormais plus

Antoine

C'est le cas pour Antoine. Comme beaucoup d'autres adolescents, il a visionné sa première vidéo porno à onze ans, chez un copain, par curiosité. Et a renouvelé l'expérience jusqu'à l'addiction. "Si je ne le faisais pas pendant deux heures, je pouvais même avoir des crises de manque", témoigne-t-il : "Tremblements, spasmes, crises d’angoisse, je ne dormais plus". L'adolescent en est même venu à vouloir mettre fin à ses jours, pour sortir de cet enfer. "Je voulais mourir pour que ça s’arrête", explique Antoine, "parce que j’avais peur de moi, je me voyais comme un monstre, (...) et j’ai voulu me suicider plusieurs fois".

Un impact sur la sexualité et sur la vie amoureuse

Les témoignages de ces tout jeunes gens évoquent ceux de toxicomanes : habitude, manque et augmentation des doses. Outre l'addiction, l'entrée dans la sexualité par le biais du porno pose aussi des problèmes relationnels, parfois sur le long terme. Certains jeunes adultes, accoutumés au porno depuis l'enfance, ne parviennent que difficilement à s'en détacher, même lorsqu'ils sont engagés dans une relation amoureuse. Comme Théo, 20 ans, qui continue de consulter compulsivement des sites porno au risque de décourager Marie, qui vit cela comme une forme d'infidélité. 

La loi française fait pourtant obligation de s'assurer de la majorité des internautes pour leur accorder l'accès aux sites pornographiques. Mais la plupart s'en affranchissent avec des barrages trop faciles à contourner par les adolescents. Une plateforme française de contenus pornographiques est pourtant en train de mettre en place un logiciel de reconnaissance faciale, capable de déterminer l'âge de l'utilisateur et de lui interdire l'accès le cas échéant. Un début encore isolé, mais qui démontre que des solutions existent.


La rédaction de TF1info | Reportage Sept à Huit Elodie Palyswit et Arnaud Maurial

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