Tempête Alex : la désolation dans les Alpes-Maritimes

"Si je n'avais pas pu sauver mon doudou, j'aurais craqué" : le désarroi de Nino, 10 ans, sinistré de Saint-Martin-Vésubie

Publié le 6 octobre 2020 à 9h31
JT Perso

Source : TF1 Info

TRAUMATISME - Saint-Martin-Vésubie est l'un des villages les plus touchés par les torrents d'eau qui ont dévasté les Alpes-Maritimes lors du passage de la tempête Alex. Là-bas, on s'entraide entre voisins mais pour le petit Nino et sa maman, dont la maison a été dévastée, le drame sera long à oublier.

Saint-Martin-Vésubie panse ses plaies, et la cicatrisation prendra du temps. Parmi les villages de la Roya les plus touchés par les torrents d'eau qui ont déferlé dans la vallée lors du passage de la tempête Alex, figure cette petite commune de 1.400 âmes. Ici, la plupart des habitants ont tout perdu. Leurs biens et leurs affaires ont été emportés par les eaux. Laetitia et son fils Nino font partie de ces rescapés. De leurs affaires et de leur maison, il ne reste quasiment rien. 

"J'ai plus rien pour lui", soupire Laetitia en se tournant vers son petit garçon de 10 ans. Sa sœur les héberge tous les deux depuis la catastrophe, mais la jeune femme peine à trouver le sommeil. Car le traumatisme est bel et bien là. Il se lit dans les yeux de Nino. Attablé dans le salon de sa tante, le regard dans le vide, il explique se sentir désormais "plus en sécurité à l'extérieur que dans une maison". Lorsqu'il a été évacué avec sa mère, Nino a tout de même pu "sauver" son doudou, un Winnie l'ourson . "Je l'ai depuis que je suis né, si je l'avais oublié, j'aurais craqué", confie le petit garçon. 

Saint-Martin-Vésubie : les habitants traumatisésSource : TF1 Info
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Le lendemain, ce lundi 5 octobre,  Laetitia confie Nino à son père, Jean-Marie. Celui-ci, avant d'aller mettre son fils à l'abri, tient à montrer la maison qu'ils occupaient tous les trois, avant leur séparation. "Voilà tout ce qu'il en reste, elle est au milieu de la rivière", pointe-t-il, au beau milieu d'un espace où toute végétation a disparu. "Avant, il y avait un jardin avec une piscine", reprend-il, ému, avant de lever le nez vers les débris des deux étages, consolé par un pompier. "Ma famille est en vie, c'est l'essentiel. Le reste... On se débrouillera avec", philosophe-t-il enfin, heureux, malgré tout, d'avoir pu retrouver une photo de son demi-frère, dans un cadre intact.  Un petit moment de grâce, en pleine tragédie.

"La priorité est d'évacuer les personnes qui veulent quitter ce théâtre de guerre dans lequel ils vivent depuis deux jours", a commenté le préfet Bernard Gonzalez, évoquant des paysages dignes d'"un bombardement". Quelque 400 personnes ont été évacuées par hélicoptère depuis le début de la mise en place du pont aérien, selon la préfecture. 

Grâce aux pistes provisoires mises en place, les autorités espèrent pouvoir "multiplier rapidement les moyens mis à disposition de façon à rétablir au plus tôt, l'eau, l'assainissement, l'électricité -par des groupes électrogènes et les équipes d'Enedis- et enfin les télécommunications pour rompre cet isolement qui est très éprouvant psychologiquement et qui complique considérablement l'organisation de tous les secours qu'on doit leur apporter", a expliqué Philippe Pradal, président délégué de la métropole Nice Côte d'Azur, au départ de camions vers les zones les plus isolées.


La rédaction TF1 Info

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