Le procès de l'attentat de Nice

"On va pouvoir s'exprimer" : six ans après l'attentat de Nice, les victimes dans l'attente du procès

M.L | Reportage TF1 : Anouchka Flieller, Kévin Berg et Dominique Guido
Publié le 14 juillet 2022 à 17h45
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Il y a tout juste six ans, le soir du 14-Juillet, 86 personnes perdaient dans l'attentat sur la célèbre promenade des Anglais à Nice.
Un camion avait foncé dans la foule, faisant aussi plus de 450 blessés et des milliers de victimes psychologiques.
En attendant le procès qui s'ouvre en septembre, trois victimes et proches témoignent auprès de TF1.

En ce 14-Juillet radieux, le souvenir de l'attaque hante encore les esprits des passants sur la promenade des Anglais de Nice. "Un 14-Juillet, c'est dans notre mémoire, on ne peut pas l'oublier", commente l'une d'entre eux dans le reportage du 13H de TF1 ci-dessus. "Ce n'est plus comme avant, on a toujours cette pensée qui nous perturbe", lance aussi une femme. Le 14 juillet 2016, un camion de 19 tonnes avait foncé sur la foule, juste après le feu d'artifice, faisant 86 morts de 19 nationalités différentes, et 450 blessés, sans compter les milliers de personnes traumatisées psychologiquement. Toutes attendent désormais le procès prévu en septembre. 

Quelque 30.000 personnes s’étaient rassemblées sur cette avenue niçoise très touristique, qui borde la Méditerranée, pour y assister au célèbre feu d'artifice. Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, un trentenaire tunisien demeurant à Nice, avait alors fauché au volant d'un camion des dizaines de personnes deux minutes durant, avant d'être abattu par la police. Au procès qui s'ouvrira le 5 septembre à la cour d'assises spéciale de Paris, huit autres personnes seront jugées, des membres de son entourage ou intermédiaires impliqués dans le trafic d'armes qui lui étaient destinées. 

"Nous voulons apprendre des choses, savoir le pourquoi"

Six ans après l'attaque, "il y a beaucoup d'émotion encore, on pense aux enfants, aux parents, aux grands-parents", confie une promeneuse. Parmi eux, Hager Ben Aouissi et sa fille de quatre ans, blessées ce soir-là et pour qui les séquelles sont encore vives. La gorge nouée, la jeune femme se dit "traumatisée", et s'inquiète de voir son enfant souffrir de "dégâts irréversibles"

Lors du procès, elle espère que des réponses seront apportées à son besoin de prise en charge dans la durée. "On va pouvoir s'exprimer et être entendu sur l'impact terrible dans les vies, complètement abîmées", explique-t-elle. "Ces témoignages vont seulement, je l'espère, susciter une prise de conscience pour que l'on puisse dire : 'il faut les aider'." Hager Ben Aouissi a fondé cette année l'association "Une voie des enfants", qui milite pour apporter un soutien psychologique spécifique pour les plus jeunes victimes de l'attentat.

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Alain Dariste et sa femme ont quant à eux perdu leur petite-fille dans l'attaque. Elle figure parmi les 15 mineurs fauchés par l'assaillant sur l'avenue. Les portraits de la fillette blonde sont affichés partout dans leur salon. "Je n'arrive pas à réaliser qu'elle n'est plus là, c'est quelque chose d'incroyable", confie la grand-mère, les larmes aux yeux. 

Du procès, ils espèrent des explications sur le déroulé du drame. "On se demande ce qu'il s'est passé ce soir-là, pourquoi il n'y avait pas plus de sécurité", poursuit-elle. "Nous voulons apprendre des choses, savoir le pourquoi : pourquoi ils ont fait ça, ils ont voulu le faire, ils en sont arrivés là. Quelles sont leurs motivations pour en venir à un acte aussi cruel ?", abonde son époux, co-président de l'association "Promenade des anges", créée au lendemain de l'attentat pour soutenir les victimes et préserver la mémoire de l'évènement. 

"2500 victimes ont été prises en charge"

Pour marquer cet anniversaire particulier cette année, à deux mois de l'ouverture du procès, c'est le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti qui prend part ce jeudi à l'hommage rendu aux victimes de l'attentat. "C'est un symbole fort", affirme-t-il dans les colonnes du quotidien régional Nice-Matin

Le garde des Sceaux a indiqué par ailleurs qu'"au total, 2500 victimes ont été prises en charge". "Pour 215 personnes, la procédure d'indemnisation amiable se poursuit. Il s'agit notamment de victimes mineures dont l’état de santé n’est pas consolidé", a-t-il détaillé. Quant au soutien financier, "91% des victimes ont reçu une offre d'indemnisation, 76% ont accepté un règlement définitif", si bien que "le fonds de garantie a versé 92 millions d'euros d'indemnités", a ajouté Eric Dupond-Moretti.


M.L | Reportage TF1 : Anouchka Flieller, Kévin Berg et Dominique Guido

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