Airbnb va interdire les caméras de surveillance à compter du 30 avril prochain.
De nombreux locataires ont en effet été filmés à leur insu ces dernières années.
Une victime avait notamment témoigné l'an dernier auprès de TF1 après avoir découvert un dispositif caché dans la salle de bain.

Fini d'espionner les locataires. Airbnb a décidé d'interdire les caméras de surveillance à l'intérieur des logements loués sur son site, a annoncé lundi l'entreprise, assurant vouloir protéger la vie privée de ses clients. "Cette mise à jour s'inscrit dans le cadre des efforts entrepris par la plateforme pour simplifier sa politique relative aux caméras de sécurité et autres dispositifs, et ainsi protéger la vie privée de la communauté d'hôtes et de voyageurs", a indiqué la société basée à San Francisco (Californie) dans un message sur son site. Cette interdiction prendra effet le 30 avril prochain.

Jusqu'ici, la célèbre plateforme autorisait les caméras de surveillance dans les pièces communes comme les couloirs ou le salon, si elles étaient clairement visibles sur l'annonce.  Cependant, au cours des dernières années, de nombreux clients se sont plaints sur les réseaux sociaux d'avoir trouvé des caméras de surveillance cachées dans leur logement, et certains dans des endroits où l'intimité est censée être respectée. 

"Je me suis sentie salie"

C'est notamment le cas de Larissa, dont TF1 avait publié le témoignage au printemps dernier, que nous vous proposons de retrouver dans la vidéo en tête de cet article. "Je ne me doutais de rien", nous confiait à l'époque la jeune femme, qui avait loué un logement pour une soirée entre amis, avant de découvrir par hasard la caméra cachée qui la filmait dans la salle de bain. "Je me suis mise à fixer le mur en face, et il y avait l'étagère avec l'horloge numérique dirigée vers la douche. Je l'ai faite pivoter et je me suis rendue compte qu'il y avait un mini objectif caché dans le coin, et on a vu qu'il y avait une carte SD et aussi l'entrée USB. Donc c'était sûr que c'était ça", expliquait-elle. 

En fouillant l'appartement, la jeune femme avait même découvert une deuxième caméra dans une multiprise, orientée vers le lit de la chambre. "C'est vraiment très gênant. On me voit nue et franchement, je suis restée bloquée pendant des heures en me disant : 'il a vu ça'", poursuivait la locataire, qui avait récupéré les cartes mémoire et, une fois chez elle, avait visionné ce qui la traumatisait depuis. Et de poursuivre : "Je me suis sentie salie en fait. Un profond dégoût". Larissa a porté plainte, après avoir transmis les images à la police et le propriétaire du logement a reconnu avoir caché des caméras, mais selon lui uniquement pour éviter des vols.

"Il y avait des vidéos depuis mars..."

En juin dernier, deux autres jeunes femmes originaires de Meurthe-et-Moselle qui pensaient profiter pleinement du long week-end de l'Ascension à Dingy-Saint-Clair (Haute-Savoie), avaient fait la même découverte déstabilisante dans leur location. C'est dans un réveil présent dans l'appartement qu'elles avaient trouvé une caméra cachée qui filmait en direction de la douche. 

"Je me suis fait filmer à mon insu sous la douche par le propriétaire du logement", racontait alors l'une d'elles, Maddy, dans un témoignage filmé sur TikTok, photos à l'appui. La jeune femme y détaillait comment elle s'était rendu compte du délit. "Au bout du deuxième jour, sous ma douche, je me retourne vers la machine à laver et je capte que dans le réveil, il y a une caméra. Le mec m'a filmée ainsi que toutes les personnes qui sont passées avant moi à travers un réveil qui dissimule une caméra espion," relatait celle qui s'était rendue chez les gendarmes avec la carte mémoire du réveil de 32 gigas et la caméra. Et d'ajouter : "Ils ont regardé les vidéos pour être sûrs que nous, on apparaissait dessus (elle et son amie, NDLR). Évidemment, on apparaît dessus. Il y avait des vidéos depuis mars...".

Les deux jeunes femmes ont porté plainte et une enquête a été diligentée par la brigade de gendarmerie de Thones et la brigade de recherches d’Annecy. Selon Maddy, le loueur de ce logement était sur Airbnb depuis 2018 et avait "200 commentaires tous plus géniaux les uns que les autres, aucun commentaire négatif". Il a depuis été définitivement supprimé de la plateforme, ce qui signifie qu'il ne pourra plus l'utiliser en tant qu’hôte ou voyageur. 

Des plaintes dès 2017 aux Etats-Unis

Mais ces abus ne s'arrêtent pas aux frontières hexagonales et ne datent pas d'aujourd'hui. En 2017, un jeune couple originaire de l’Indiana avait déjà eu la désagréable surprise de découvrir qu’il était filmé à son insu par deux caméras cachées dans un appartement loué pour les vacances via le site internet Airbnb. "Ma femme et moi sommes affligés par cette situation", avait raconté à l'époque l’une des victimes, au micro de l’antenne locale d’ABC News, au sujet du phénomène pas si répandu et connu à l'époque. 

Tout avait commencé au moment où le regard du jeune homme avait été attiré par un curieux petit trou noir dans le détecteur de fumée de la chambre à coucher du logement. En se saisissant de l’objet, il s'était rendu compte qu’il s’agissait d’une lentille de caméra. Face aux forces de l’ordre, l’hôte voyeur ne s’était pas démonté et avait assuré que tous ses locataires, consentants selon lui, savaient que des caméras se trouvaient dans l’appartement. Une façon, avait-il expliqué, de pouvoir filmer leurs ébats amoureux.


Audrey LE GUELLEC

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