VIDÉO - Travailler moins, gagner (presque) autant : comment fonctionne la retraite progressive ?

Léa Tintillier | Reportage TF1 Fabien Chadeau, Frédéric Mignard, Loïc Renault
Publié le 12 janvier 2023 à 12h36, mis à jour le 12 janvier 2023 à 13h27

Source : JT 20h Semaine

Le gouvernement souhaite élargir la retraite progressive aux fonctionnaires et aux travailleurs indépendants.
Ce dispositif permet de commencer à percevoir une partie de sa retraite tout en continuant à exercer son métier à temps partiel.
TF1 a rencontré des Français qui en bénéficient déjà.

Désormais, Chantal Sergent consacre une journée par semaine à son petit-fils. "Je travaille quatre jours sur cinq, donc je prends ou mon vendredi ou mon lundi, suivant les besoins de mon travail", explique-t-elle. À 60 ans, elle avait envie de travailler un peu moins. Elle a obtenu de son employeur de passer à temps partiel. Il lui verse 80% de son ancien salaire et en plus, elle perçoit de sa caisse de retraite 20% de sa pension. "J’ai pratiquement la même somme que mon ancien salaire au final. Mais le jeu en vaut la chandelle", affirme-t-elle. 

Avoir au moins 60 ans et cotisé 150 trimestres

C’est ce que l’on appelle la retraite progressive. Un dispositif qui a également séduit Michel Beauchoux, ancien patron d’une PME spécialisée dans la climatisation. Lorsqu’il vend son entreprise il y a trois ans, il se fait embaucher à mi-temps par ses repreneurs pour bénéficier d’une retraite progressive. "Ça me permet d’acquérir des trimestres qui me manquaient pour avoir la retraite à taux plein, et puis l’aspect psychologique est énorme. Vous savez, quand vous êtes chef d’entreprise, vous rencontrez une centaine de personnes par jour. Vous vous retrouvez en inactivité, vous n’avez plus de lien social", déclare-t-il.

 

Une transition en douceur avant de décrocher définitivement dans quelques mois. "La période de retraite progressive permet d’avoir un peu de temps libre. Je me suis mis à l’aéromodélisme. J’ai passé également mon permis bateau", poursuit Michel. 

Pour bénéficier de la retraite progressive, il faut avoir au moins 60 ans et cotisé déjà 150 trimestres. Mais le dispositif reste trop peu connu : l’an dernier, il représentait seulement 2% des retraites accordées. Pourquoi un chiffre aussi faible ? Parce que très souvent, l’employeur refuse la retraite progressive. Car chaque année, le salarié a le droit de changer d’avis. "La personne peut décider de revenir à temps plein, sauf qu’il faut bien organiser l’activité pendant un an, donc vous pouvez être amené à recruter", explique Laurence Breton-Kueny, porte-parole de l’association nationale des DRH. 

La réforme des retraites dévoilée mardi par le gouvernement prévoit de contraindre les entreprises, qui devront automatiquement accepter la retraite progressive, à moins de prouver que cela nuit à l’activité. Surtout, jusqu’ici réservé aux salariés du privé, le dispositif sera ouvert aux fonctionnaires et aux travailleurs indépendants. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Fabien Chadeau, Frédéric Mignard, Loïc Renault

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