VIDÉO - À la découverte des "caisses d’épargne" de bistrot, une tradition qui perdure

par Hamza HIZZIR | Reportage TF1 : Jacques Rieg-Boivin, Julie Roth
Publié le 13 février 2024 à 18h12

Source : JT 13h Semaine

Épargner au bistrot, c'est une tradition qui existe depuis près de 200 ans dans l'est et le nord de la France.
Un moyen convivial pour les travailleurs d’économiser.
Reportage de TF1 à Saint-Jean-Rohrbach (Moselle), pour comprendre comment cela fonctionne.

Certains soirs, "Chez Martine", le dernier café-restaurant du village, devient une banque. De petits casiers, nichés dans un coin de l’établissement, à droite après avoir franchi la porte, font office de coffres-forts. Loïc Abel, adhérant du Trèfle d'or, l'épargne locale, vient y glisser quelques euros, comme chaque semaine. "Je suis dépensier donc quand je reçois de l'argent, je le mets là-dedans. Au moins, je suis sûr de ne pas y toucher. À la fin de l'année, je récupère tout", explique-t-il à TF1, dans le reportage visible en tête de cet article. C'est le principe même de ces "caisses d’épargne" de bistrot : les économies restent bloquées jusqu'à la fin de l'année.

Ces associations datent du XIXe siècle. À l'époque, les banques étaient moins nombreuses que les cafés et les clubs d'épargne existaient dans tous les villages. Instaurés par les mineurs dans certaines régions et par les ouvriers dans d’autres (on en trouve encore dans le Nord, le Grand Est et en Belgique), ils servaient autrefois à mettre de l’argent de côté pour se chauffer en période hivernale, ou à empêcher de boire toute sa paie. À présent, elles permettent surtout d’économiser en vue des vacances, ou des impôts.

"Les gens préféraient palper !"

Deux fois par mois, le comité se réunit pour ouvrir les casiers et verser l’argent sur le compte épargne du club. Seule l'association perçoit les intérêts. Il ne s'agit pas de gagner de l'argent, mais de favoriser le lien social. "Ça fait une excuse pour venir, rigole un habitué. Au lieu de dire que je rejoins un copain, je dis que je viens mettre des sous." Ici, à Saint-Jean-Rohrbach (Moselle), l'adhésion annuelle vous coûtera 5 euros, et vous aurez 1 euro d'amende si vous ne cotisez pas chaque mois. Jadis, il n’y avait que du liquide. Aujourd’hui, le chèque est privilégié, par sécurité. "Les gens préféraient palper ! On a eu un certain nombre de départs quand on est passé au chèque", témoigne Jacques Klein, président historique du Trèfle d’or. À la campagne, les cafés disparaissent les uns après les autres, et les clubs avec eux. Ce qui renforce, paradoxalement, la nostalgie.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 : Jacques Rieg-Boivin, Julie Roth

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