VIDÉO - Colère des agriculteurs : une simple pause ce week-end pour mieux repartir dès lundi ?

par V. F | Reportage TF1 : Florence Leenknegt et toutes nos équipes en régions
Publié le 27 janvier 2024 à 23h30

Source : JT 20h WE

Le blocage par des agriculteurs de l'A64 à hauteur de Carbonne (Haute-Garonne) a été totalement levé ce samedi.
Pour autant, certains trouvent les annonces du Premier ministre insuffisantes et promettent de revenir dès lundi avec des actions radicales.
Mais quelles mesures supplémentaires pourraient-ils obtenir ?

Des œufs, des pommes et une détermination sans faille : la mobilisation aurait pu continuer sous l'échangeur routier de l'A64, à hauteur de Carbonne (Haute-Garonne), là où tout a commencé, mais les agriculteurs estiment que les annonces du gouvernement sont un premier pas suffisant pour lever le barrage. 

"On avait donné notre parole sur trois revendications. On les a eues, ben, on tient parole", admet Jérôme Bayle, l'initiateur de la contestation, dans le reportage du JT de TF1 à retrouver en tête de cet article. 

"Ce n'est qu'une trêve"

Le Premier ministre leur a notamment annoncé des mesures sur l'irrigation, un gel du prix du gazole non-routier (GNR) et un fonds d'urgence de 50 millions d'euros pour les exploitations touchées par la maladie épizootique. Mais à Salon-de-Provence, ces trois promesses ne seront pas suffisantes. "Ce n'est qu'une trêve", lance un manifestant. 

Les agriculteurs ne devraient donc s'accorder qu'une poignée d'heures de repos, prêts à relancer le mouvement dès ce lundi 29 janvier, dans l'espoir d'obtenir plus. Car pour certains, il faut aussi lever les interdictions qui pèsent sur de nombreux traitements de leur culture. Un exemple avec le riz de Camargue. "Il y a huit molécules autorisées aujourd'hui en France, il y en a 18 en Italie et 16 en Espagne", explique Nicolas de Sambucy, riziculteur. "C'est normal ? Non. Et on est sur le même marché de vente..." 

Pendant ce temps, à Agen, la colère s'arc-boutent sur les normes européennes qui imposent, par exemple, des boucles de surveillance électrique sur les brebis. "Pour trois boucles qui manquaient sur mes moutons et un mode de transport. Et je crois que j'avais une petite erreur sur le registre, ça m'a coûté 3 000 euros. C'est cher payé pour ce que c'est. Et c'est pour ça que tout ça, ça ne sert à rien", dénonce Jean Marboutin, éleveur dans le Lot-et-Garonne. "Nos concurrents australiens, néo-zélandais n'ont rien du tout. Alors pourquoi nous, on ne pourrait pas faire comme au rugby, avoir tous les mêmes règles ?"

Des appels à bloquer Rungis et au "siège" de Paris

Largement mobilisées, les organisations syndicales n'envisagent pas toutes le même type d'actions cependant. Si plusieurs d'entre s'y refusent encore à bloquer Rungis, plus grand marché de produits frais au monde, la Coordination rurale du Lot-et-prône la radicalité et appelle à durcir le ton. "Aujourd'hui, on ne nous écoute pas ici, donc on va aller bloquer l'alimentation, bloquer Rungis", prévient son co-président, José Perez. 

Spécialiste de droit rural, Christine Lebel juge cette stratégie risquée. "La difficulté de s'approvisionner pour la population urbaine entrainera une critique plus sévère vis-à-vis du mouvement", analyse-t-elle. Une perte de soutien de l'opinion publique pourrait coûter cher mais qui n'a pas empêché la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) du grand bassin parisien d'appeler à "un siège de la capitale" dès lundi, "pour une durée indéterminée".


V. F | Reportage TF1 : Florence Leenknegt et toutes nos équipes en régions

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