Cavaillon : après la fête foraine illégale organisée au cœur d'une cité, des CRS envoyés en renfort

par A. LG TF1 - Ignacio Bornacin, Adrien Portron et Henri-Paul Amar
Publié le 20 juillet 2023 à 22h58, mis à jour le 20 juillet 2023 à 23h25

Source : TF1 Info

Le maire de Cavaillon a porté plainte après une fête de quartier organisée sans autorisation dans une cité de sa ville, pendant le week-end du 14-Juillet.
L'événement a également été dénoncé jeudi par la préfète du département.
48 hommes de la CRS-8 ont été déployés ce jeudi sur place.

À en croire les témoignages de riverains, la fête a été réussie. "Ils ont fait une petite table avec apéritif, barbecue, barbes à papa", explique une habitante de la cité du Dr Ayme, à Cavaillon, dans le Vaucluse, au sujet de la fête foraine illégale organisée pendant le week-end du 14-Juillet. "Les petits s'amusaient tranquilles, piscine, ils se régalaient", renchérit un autre habitant, dans le reportage en tête de cet article.

Tout en reconnaissant que l'évènement a effectivement réjoui les riverains, un collectif d'habitants s'inquiète de voir que, selon lui, il n'y a aucun contrôle de l'État dans cette cité gangrénée pas les trafics de drogue. "La problématique est là, personne ne savait au sein des services de l'État qu'il existait cette fête là ce soir là", déplore notamment Magri Mongi du collectif "Le chemin de l'école en toute sécurité".

48 CRS sur place

Alors que les nombreuses vidéos circulant sur les réseaux sociaux suscitent de vives réaction, les forces de l'ordre sont passées à l'action, 48 hommes de la CRS-8 ayant notamment été déployés sur place ce jeudi après-midi. "Nous avons interpellé lundi deux personnes pour trafic de stupéfiants ici même en bas de ces tours, dans ces rues adjacentes, et nous en avons de nouveau interpellé deux hier", a indiqué au cours d'un point presse Violaine Démaret, la préfète du département qui a également dénoncé l'évènement ce jeudi et souhaite désormais éviter tout débordement.

Parmi les organisateurs de cette fête illégale, trois ont été interpellés sans plus de précisions sur leur profil. "Une rumeur évoque le fait que ce seraient les trafiquants de drogue du quartier, mais ce n'est pas démontré à ce stade", a insisté la représentante de l'État, rappelant qu'une enquête avait été ouverte par le parquet d'Avignon.

"Qu'on sache, qui, comment et pourquoi"

"Je trouve qu'on a des gens très inventifs, mais honnêtement, je m'en passerais bien", a ajouté à ses côtés le maire LR de la ville, Gérard Daudet. Mais "on va faire en sorte que ça ne se reproduise plus", a-t-il poursuivi, assurant qu'il ne s'opposerait pas à l'organisation de tels événements dans la cité, pour autant que ce soit "dans la légalité". L'élu a précisé avoir porté plainte pour mise en danger d'autrui et occupation illégale de l'espace public. "Si c'était vraiment un fait avéré pour faire plaisir aux habitants du quartier pourquoi pas mais dans ce cas il faut que ça soit fait légalement. Le tout, c'est qu'on sache, qui, comment et pourquoi", a-t-il insisté, évoquant notamment les risques pour les enfants d'une piscine sans mesures de sécurité adéquates.

Les bailleurs sociaux ont quant à eux déposé plainte pour le vol d'eau et d'électricité utilisées pour ces installations.

Connu pour abriter un point de deal, le quartier du Dr Ayme avait été endeuillé en 2021 par la mort d'un jeune homme de 22 ans, tué par balle en plein jour sur fond de lutte entre trafiquants.


A. LG TF1 - Ignacio Bornacin, Adrien Portron et Henri-Paul Amar

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