Blocages des agriculteurs : certains produits commencent à manquer en rayons

par La rédaction de TF1info | Reportage : Thomas Jarrion, Fabienne Moncelle et Charlotte Gerbelot
Publié le 30 janvier 2024 à 6h30, mis à jour le 30 janvier 2024 à 9h42

Source : JT 20h Semaine

Les barrages des agriculteurs vont-ils provoquer des ruptures de stocks ou des pénuries ?
Quelques produits commencent déjà à manquer en rayons.
Le 20H de TF1 a enquêté en région parisienne et à Annecy.

Suite aux mouvements des agriculteurs, il est impossible, écrit cette enseigne de la grande distribution à Annecy, de proposer l'ensemble de sa gamme de fruits et légumes. Des pancartes comme celles que l'on observe dans le reportage du 20H ci-dessus, il y en a partout au rayon frais. Il manque les pommes françaises, les citrons d'Espagne, et certaines variétés de courgettes sont absentes. Quant aux poivrons jaunes espagnols, il n'en reste que sept. 

"Ce qu'il faut espérer, c'est que ça se débloque et qu'on soit réapprovisionnés, parce qu'on ne sait pas trop où on va", confie une cliente, un peu inquiète, au micro de TF1. Les consommateurs d'Annecy rencontrés par notre équipe sont loin de paniquer, mais laissent entendre qu'ils commencent à s'organiser.

Plus tendu en milieu de semaine ?

Quelles sont les conséquences si les blocages continuent ? Nous avons interrogé le directeur d'un autre magasin, qui confirme avoir des problèmes d'approvisionnement, notamment sur les fruits et légumes qui viennent d'Espagne. Il estime qu'il n'y a pas de risque immédiat de présenter des rayons vides, mais que cela pourrait devenir "plus tendu en milieu de semaine".

Ce sont des secteurs très réactifs, qui ont l'habitude de gérer des crises que l'on ne voit pas
Karine Sanouillet, experte de la grande distribution

Les destructions de marchandises étrangères par les agriculteurs expliquent également pourquoi certains étals sont moins fournis que d'autres. Des problèmes, çà et là, mais pour l'instant, il n'y a pas de risque de pénurie à grande échelle, nous assurent les professionnels de la grande distribution. "Ce sont des secteurs très réactifs, qui ont l'habitude de gérer des crises que l'on ne voit pas, mais qui sont leur quotidien", nous explique ainsi l'experte Karine Sanouillet.

En ce moment, les transporteurs gèrent au cas par cas la distribution des produits qui leur sont confiés. Ainsi Philippe Premat, qui envoie ses 500 camions au gré des blocages et déblocages routiers, et semble ne pas trop subir leurs effets. Ses chauffeurs lui remontent les informations de terrain, et il ajuste en fonction de la situation. "On a livré quasiment tout le monde aujourd'hui, et on avisera ce soir sur la planification pour les tournées de demain". Ses camions évitent les autoroutes et effectuent des tournées plus courtes, quitte à livrer un peu moins de marchandises, une stratégie partagée par la plupart des transporteurs français. 

"Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a fait savoir que de nouvelles mesures seront prises dès demain" mardi, a affirmé la porte-parole du gouvernement, Prisca Thevenot, dans son compte-rendu à l'issue du Conseil des ministres. De son côté, Emmanuel Macron va s'entretenir ce jeudi à Bruxelles avec la présidente de la Commission européenne sur des mesures à prendre en faveur des agriculteurs alors que la fronde de la profession concerne plusieurs autres pays de l'UE. 


La rédaction de TF1info | Reportage : Thomas Jarrion, Fabienne Moncelle et Charlotte Gerbelot

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