En Nouvelle-Calédonie, malgré la levée de l'état d'urgence, la situation reste très tendue.
L'accès aux hôpitaux est certes à nouveau possible, mais les équipes médicales sont éreintées.
Le 20H de TF1 l'a constaté à Nouméa, aux côtés des soignants et des patients.

C'est le petit matin à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, dans le reportage visible en tête de cet article, et le début d'un périple. À bord d'une embarcation, des médecins, des infirmiers, mais aussi des aides-soignants. La fatigue se lit sur les visages, car depuis le début de la crise, leur quotidien a basculé. Il est impossible d'accéder au plus grand hôpital de l'île par la route, car elle n'est pas assez sécurisée. "On entend des tirs autour de l'hôpital, ça sent le cramé... On ne sait pas ce qu'il peut se passer", détaille Coralie, infirmière, face à la caméra du 20H de TF1. 

Au loin, un nuage de fumée témoigne des affrontements toujours en cours. Les équipes débarquent sur un ponton de fortune, en plein cœur de la mangrove. C'est sur les lieux que s'organise la relève avec leurs collègues.

Les urgences vont s'accumuler dans les prochains jours.
Dr. Caroline Mesguen, néphrologue

"Je viens de passer près de 50 heures de travail à l'hôpital. On reçoit principalement des patients blessés par balle, gravement brûlés...", explique Eddy Agnès, infirmier anesthésiste.

Devant l'établissement, les blindés croisent les ambulances. Malgré la présence des gendarmes, les émeutiers restent tout proches. Dans la rue, tout est saccagé, y compris le centre de dialyse. Certains des patients ont donc dû être rapatriés vers une autre clinique. C'est là que Teva, patient sous dialyse, est contraint de dormir depuis huit jours.

"C'est difficile pour nous. C'est aussi un message que je lance à tous ceux qui font les barrages : pensez à vos familles. N'oubliez pas qu'il y a des dialysés. C'est la dialyse qui les tient en vie", témoigne-t-il.

Le docteur Caroline Mesguen est néphrologue. Elle aussi dort sur son lieu de travail, afin de prendre en charge le plus de monde possible. Mais ces derniers jours, sa principale inquiétude concerne surtout les patients qu'elle ne voit pas. "On a des patients qui sont probablement isolés à domicile, qui n'osent pas sortir de chez eux. Donc on a aussi une rupture dans la continuité des soins en médecine générale, avec des urgences qui vont donc s'accumuler dans les prochains jours", explique-t-elle.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : S. Bougriou, F. Maillard, L. Gorgibus

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