VIDÉO - "Ils n'ont plus peur de rien" : face à la prolifération des sangliers, la traque s'organise

par La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : M. Monnier, R. Hellec
Publié le 4 mars 2024 à 9h40

Source : JT 20h WE

Dans les champs des agriculteurs et désormais dans certaines villes, la prolifération des sangliers devient de plus en plus problématique.
Un fléau qui s'explique notamment par le réchauffement climatique.
Pour tenter d'y remédier, agriculteurs, chasseurs et autorités s'organisent, comme a pu le constater le 20H de TF1.

Sur les réseaux sociaux ou à la une de la presse, les sangliers sont partout. En plein centre-ville de Nantes, un automobiliste, totalement décontenancé, filme l'animal. À Biarritz, des habitants découvrent toute une famille de sangliers. Ces mammifères ont des comportements de plus en plus intrigants. En témoigne une photo prise il y a quelques jours, qui montre un animal semblant regarder à travers la vitre d'une voiture en s'appuyant sur le véhicule.

La France compte aujourd'hui plus de 1,5 million de sangliers, lesquels se rapprochent de la population. Alors, les accidents de la route sont très fréquents. Sur le périphérique de Nantes, tout récemment, un automobiliste s'est fait très peur, lorsque deux mammifères ont subitement surgi sur la voie, comme le montrent les images du 20H de TF1 visibles en tête de cet article. 

Tandis que sur les rails, chaque jour, en France, quinze trains sont retardés à cause d'un accident avec un sanglier. "Forcément, ça empire, parce qu'il y a de plus en plus de sangliers partout en France. Et pour nous, à la SNCF, les retards ont été multipliés par deux en dix ans", nous confirme la compagnie ferroviaire. Un nombre de retards qui représente 2500 heures d'immobilisation des trains en 2023.

La chasse ne suffit plus à réguler les populations de sangliers

Un fléau que subissent aussi les agriculteurs. Ainsi, la semaine dernière, en Loire-Atlantique, des sangliers sont venus saccager les champs de Didier Guérin, éleveur de vaches laitières à Thouaré-sur-Loire. "Ils grattent (...) pour manger les vers de terre qui sont juste en dessous du système racinaire. Ce sont des parcelles qu'on ne va pas faucher, c'est hors de question. Là où ils ont gratté, il ne va rien pousser", détaille le paysan, à qui les dégâts causés par les sangliers ont couté 6300 euros en 2023. Et d'ajouter, dépité : "Plus rien ne leur fait peur."

Alexis Néron est chargé de mission du plan de maitrise des sangliers en Loire-Atlantique pour la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) et la Fédération des chasseurs. Il vient en aide aux éleveurs pour remonter la trajectoire des animaux. Ici, les sangliers se nichent dans un terrain privé en friche. Il essayera de joindre les propriétaires pour faire abattre les animaux. 

Depuis l'épidémie de Covid-19, la population de sangliers double d'une année sur l'autre. Un phénomène lié au changement climatique. "Il fait de plus en plus chaud, on a pu le voir cet hiver. Il n'y a plus de gelées prolongées, donc moins de mortalité chez les jeunes sangliers, et une forte production de fruits forestiers", détaille Alexis Néron.

Pour contenir ce fléau, les battues sont presque systématiques. Ce matin-là, il faut pas moins de 40 chasseurs pour tuer 14 sangliers. Mais désormais, même la chasse ne suffit plus à maitriser la croissance de cette population. "Le sanglier est un animal qui devient de plus en plus intelligent et qui se met dans des sites qui sont très compliqués pour pouvoir les réguler. On est quand même avec des armes à feu, on ne peut pas faire n'importe quoi. Donc les tirs sont compliqués sur certains endroits. Or maintenant, les animaux se mettent au bord des maisons, dans les villes...", explique Didier Bachelier, président de la Société de cartouche couëronnaise.

D'autant que le mammifère est également dur à pister, car il peut parcourir jusqu'à 50 kilomètres en 24 heures. 


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : M. Monnier, R. Hellec

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