Plus de huit sur dix pharmacies sont fermées ce jeudi, du jamais-vu depuis dix ans.
La profession veut alerter sur les difficultés et problèmes économiques qu'elle rencontre.
Le JT de TF1 est allé à la rencontre des patients en quête d'une officine.

Que ce soit à Toulouse (Haute-Garonne), près de Lille (Nord), ou à Lyon (Rhône), les mêmes scènes se sont répétées ce jeudi 30 mai : des rideaux de pharmacies baissés et parfois même de longues files d'attente. La troisième ville de France comptait seulement cinq pharmacies de garde ce matin, avec près de 85% de grévistes, selon le principal syndicat. Les pharmaciens réclament une revalorisation de leurs honoraires et dénoncent une pénurie de médicaments.

"J'ai mon fils qui est malade, il a 40 de fièvre, je n'ai plus de Doliprane donc je suis allée à la pharmacie à côté de chez moi, il était marqué qu'ils étaient en grève. J'ai remonté toutes les pharmacies jusqu'à ce celle-ci, qui était ouverte", témoignait une cliente au micro du JT de TF1, dans le reportage visible en tête de cet article.

La région Hauts-de-France n'a pas diffusé de liste de pharmacies réquisitionnées

Si une partie des patients ont éprouvé des difficultés à trouver une pharmacie ouverte, certains se montraient plutôt compréhensifs. "Ça fait depuis le Covid qu'on entend parler des pénuries de médicaments, qu'ils doivent faire venir d'ailleurs", rappelait une femme. Et une autre d'ajouter : "Il y a des pénuries de médicaments, il faut que ça change."

D'autres clients, eux, étaient plus agacés, comme dans une officine d'Arras (Pas-de-Calais). Il faut dire que la région Hauts-de-France était la seule à ne pas avoir diffusé de liste de pharmacies réquisitionnées. "Je sors de chez le médecin. Il m'a dit 'téléphonez à la gendarmerie', qui ne savait pas. La police nationale non plus. Bref, c'est le bordel", racontait une femme à notre micro.

À Toulouse aussi, les croix des pharmacies sont restées désespérément éteintes. Ici, la préfecture a réquisitionné une quinzaine d'officines de garde. Mais pour 470.000 habitants, c'est peu. "J'ai regardé sur Internet, à chaque il y avait marqué 'ouverte' mais elles étaient fermées", témoignait une femme. Un homme, lui, racontait devant une officine en avoir "appelé directement trois ou quatre, jusqu'à trouver celle-là." "Je suis venue ici parce que j'avais vraiment besoin d'acheter mes médicaments", complétait une autre client.

Selon les syndicats, près de 17.000 officines ont baissé leur rideau ce jeudi sur les 20.000 que compte l'Hexagone.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : D. De Araujo, M. Fiat, M. Ragazzi

Tout
TF1 Info