Jusqu'à 38 millions d'euros pour un village : notre top 10 des plus gros héritages reçus par des communes

par La rédaction de TF1info TF1 | Reportage L. Delsol, S. Humblot, B. Poizeuil, L. Renault
Publié le 23 juin 2023 à 14h08

Source : JT 20h Semaine

Chaque année, des municipalités héritent de dons exceptionnels qui dépassent parfois largement leur budget annuel.
C'est notamment le cas de Rouez, un village sarthois de 800 âmes à qui un habitant a légué 38 millions d'euros.
Découvrez notre classement - non exhaustif - de dix communes ayant touché le gros lot

Lorsque l'on parle d'héritage, on pense bien souvent en premier lieu au cercle familial. Il arrive pourtant que certains lèguent tout ou partie de leur fortune à une commune ou un village auxquels ils sont attachés. Chaque année, quelques maires sont ainsi avisés par voie notariée de legs colossaux tombés du ciel. De belles histoires qui peuvent parfois s'apparenter à un cadeau empoisonné pour les municipalités concernées. Et pour cause, toucher le gros lot s'accompagne aussi de contraintes.

Première d'entre elles : les droits de succession. Bien que les communes n'aient pas en payer normalement, le donateur peut avoir manifesté la volonté de voir la collectivité légataire s'acquitter des montants dus par d'autres héritiers figurant sur le testament et qui ne sont, eux, pas exemptés d'impôts.

38 millions d'euros pour Rouez

C'est ce qu'il s'est passé à Rouez, un village de 800 habitants au cœur de la Sarthe qui reste, à ce jour, et de loin, celui qui a hérité de la plus belle somme en 2008 : 38 millions d’euros. La mairie, qui n'avait pas les fonds, a dû s'acquitter des droits de succession, qui s'élevaient à plus de 7 millions d'euros. "Une commune n'a le droit d'emprunter que pour un investissement et non pas pour payer une dette", rappelle le maire, dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article. Il aura donc fallu cinq mois de discussions avec le préfet, le ministère des Finances, et même le cabinet du Premier ministre, pour que le prêt lui soit enfin accordé. 

Outre les contraintes administratives, ce cadeau exceptionnel est presque toujours assorti de conditions et le maire ne peut donc pas utiliser l'héritage à sa guise. Dans le cas de Rouez, le défunt a ainsi imposé de construire cinquante logements haut de gamme pour personnes âgées "nécessiteuses", dans le besoin, douze étant à ce jour déjà sortis de terre. 

14 millions d'euros pour Montézic

Plus récemment, en 2019, c'est Montézic, un village de 241 âmes dans l'Aveyron, qui a eu la surprise d'hériter de biens immobiliers d'une valeur de 14 millions d'euros, d'un homme d'affaires cannois, Bernard Milhau. Inconnu des habitants, il avait des racines familiales dans la commune, et a assorti son don d'une seule volonté : que la tombe de ses aïeux soit fleurie pendant vingt ans. 

8 millions d’euros pour Roquefort-les-Pins

Il y a quelques semaines, c'est la commune de Roquefort-les-Pins, qui a été désignée légataire universelle selon les vœux d'une habitante décédée en mai 2022 à l'âge de cent ans, célibataire et sans enfants. La petite commune de 7600 habitants des Alpes-Maritimes, s’est enrichie du jour au lendemain de près de 8 millions d’euros, une somme équivalente au budget annuel de fonctionnement de la municipalité qui pourrait lui permettre de construire une école.

4,5 millions d'euros pour Mesves-sur-Loire

Mesves-sur-Loire, dans la Nièvre, a de son côté touché en 2019 un legs inattendu de 4,5 millions d'euros en assurance-vie et en espèces, soit dix fois le budget annuel de cette commune 707 habitants. Là encore, la légataire n'était pas résidente de la commune puisqu'elle habitait La Baule mais y avait une attache familiale puisque ses parents sont enterrés dans le village. Le maire a dédié une partie de ce don à la réfection des toitures de la mairie et de l'église mais aussi à la  construction d'une salle des fêtes qui arborera le nom de la généreuse donatrice.

3 millions d'euros pour Chambon-sur-Lignon

Connu pour avoir protégé près de 2500 enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, le village auvergnat de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, a reçu en 2021 un legs de 3 millions d'euros provenant de l'un d'eux. Il s'agit d'Erich Arthur Schwam, un Autrichien qui après la guerre s'est installé à Lyon pour étudier la pharmacie, s'y est marié, y a fait fortune et y est décédé à 90 ans, sans descendance.

2 millions d'euros pour Juziers et La Châtres

À Juziers, dans les Yvelines, l'artère principale vient de changer de nom en hommage à Janine Vins qui lui a légué plus de 2 millions d'euros. Comme a pu le constater une équipe de TF1, cette somme a déjà permis de changer les grilles et garde-corps d'un terrain de foot et de rénover les deux écoles. Il est désormais prévu de réhabiliter l'ancienne maison de la donatrice pour que tous les habitants de la commune en profitent, à l'instar de son jardin, déjà transformé en potager partagé. "On a partagé les cerises avec les gamins l'année dernière mais là, on est en train de planter, quand ce sera abondant ça va être du partage", explique ainsi Jeanine, bénévole.

À La Châtre, dans l'Indre, un ancien adjoint à la culture a également choisi de donner plus de 2 millions d'euros à sa commune. Décédé en août dernier, Maurice Bourg, veuf et sans enfant, avait à cœur que cet héritage serve à financer le projet de musée lancé il y a deux ans et demi par la majorité. 

1 million d'euros pour Saint-Priest-la-Feuille, Maidières ou Craponne-sur-Arzon

Dans la Creuse, la mairie de Saint-Priest-la-Feuille a pour sa part hérité d'un million d’euros. Une somme supérieure au budget annuel de la commune, qui a décidé de mettre en place une boîte à idées pour que les habitants puissent proposer des projets à financer grâce au legs. 

Un million d'euros, c'est également la somme reçue en février dernier par Maidières, en Meurthe-et-Moselle, grâce à la bonté d'une ancienne habitante. Encore une bonne nouvelle pour cette commune située près de Pont-à-Mousson dont les investissements devraient être facilités grâce à cet argent. 

En 2018, Craponne-sur-Arzon, en Haute-Loire, avait elle aussi touché environ un million d'euros après le décès d'une femme de 96 ans, née dans la commune et revenue en Haute-Loire à sa retraite. Une généreuse donatrice qui, trois ans avant son décès, avait rencontré le maire pour lui faire part de sa volonté. 


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage L. Delsol, S. Humblot, B. Poizeuil, L. Renault

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