L'État est condamné à verser plus de trois millions d'euros dans l'affaire des "maisons penchées de Rosbruck", qui concerne une trentaine de familles.
Le JT de TF1 en a rencontré certaines, qui ne cachent pas leur déception.

Il y a 40 ans, à Rosbruck (Moselle), après la fermeture des mines de charbon, les galeries souterraines se sont effondrées, faisant pencher des quartiers entiers de la commune. "Ce n'est pas rassurant. Si demain je dois investir, je ne le ferai pas dans cette commune", déplore un jeune habitant.

Dans la maison de Joëlle et Gaston Pirih, rien n'est droit. Avec 30 autres victimes, ils viennent de faire condamner l’État pour défaillance. Ils ont obtenu 100.000 euros d'indemnisations chacun. "On veut réparation intégrale, c'est-à-dire le relevage ou la démolition", réagit la sinistrée au micro du JT de TF1, dans le reportage visible en tête de cet article. Mais pour ces travaux, il faudrait trois fois plus que l'indemnisation proposée. 

Qu'est-ce qu'on laisse aux enfants ? Rien.
Nadia Scharff, sinistrée de Rosbruck

L'expert judiciaire, lui, estime qu'une nouvelle chape serait suffisante. "Imaginez une chape de 45 cm qui ne sera plus parallèle au plafond. Mes fenêtres seront tordues, j'aurai uniquement la chape horizontale et tout le reste sera tordu. À 75 ans, c'est invivable", répond Gaston Pirih.

Dans le village, 80 maisons qui s'enfonçaient dans le sol ont déjà dû être détruites, et certaines habitations sont désormais sous le niveau d'une rivière locale. Une digue a donc été construite. Mais Hervé, qui habite la maison la plus basse du secteur, nous explique qu'"à chaque fois qu'il pleut, [il] ne dort pas." "Si la digue venait à lâcher, en un quart d'heure, j'aurais de l'eau. Je ne sors plus de la maison", dit-il encore. 

"On a travaillé pour acheter quelque chose, et en fin de compte, qu'est-ce qu'on laisse aux enfants ? Rien. Ce n'est pas possible de vivre là", déplore Nadia Scharff, une autre sinistrée de Rosbruck.

À cause des affaissements ces dernières années, le maire de Freyming-Merlebach, une commune voisine, a dû faire de nombreux travaux de voirie. "Le terrain a beaucoup bougé, il y a des cicatrices du passé minier. Mais maintenant, c'est à peu près stabilisé", explique l'édile, Pierre Lang.

La région va quand même affronter une autre conséquence de l'exploitation des mines : aujourd'hui, les galeries se remplissent d'eau, qui doit être pompée et traitée en permanence pour éviter qu'elle ne pollue les sols.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : G. Gruber, V. Ruckly

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