VIDÉO - Harcèlement scolaire : à quoi va ressembler le questionnaire que les élèves vont remplir ?

par M.D. | Reportage vidéo TF1 Laura Adda et Irvin Blonz.
Publié le 26 octobre 2023 à 12h51

Source : JT 20h Semaine

Un questionnaire sur le harcèlement scolaire sera rempli par tous les élèves à partir du CE2 dès la rentrée.
L'objectif est d'informer les parents du climat dans l'établissement, affirme le ministère de l'Éducation nationale.
Le questionnaire, qui est anonyme, aura pour objectif de déceler d’éventuelles situations de harcèlement à l'école.

Tous les élèves seront concernés, de la classe de CE2 à la terminale. À la rentrée, écoliers, collégiens et lycéens seront invités à remplir un questionnaire visant à évaluer s'ils sont susceptibles d'être victimes de harcèlement scolaire. Après plusieurs drames survenus au cours de ces derniers mois, le de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, a fait de la lutte contre le harcèlement scolaire l’une de ses priorités. "Deux heures du temps scolaire seront banalisées à cette fin, entre le jeudi 9 novembre (date de la journée nationale de lutte contre le harcèlement) et le mercredi 15 novembre", indique le ministère, dans un communiqué.

Les questionnaires seront remplis en classe, avec l'aide des professeurs, entre le 9 et le 15 novembre 2023.
Les questionnaires seront remplis en classe, avec l'aide des professeurs, entre le 9 et le 15 novembre 2023. - MINISTÈRE DE L'EDUCATION NATIONALE

Le questionnaire se décline en quatre groupes de questions : "Avant d'aller à l'école", "À l'école", "Sur internet ou sur les écrans" et "Comment te sens-tu ?". Les collégiens se voient par exemple demander s'ils ont "peur d'aller au collège à cause d'un ou plusieurs élèves", s'ils ont "menti pour rester chez (eux)", s'ils ont "été mis(e) à l'écart dans la cour par un ou plusieurs élèves", s'ils mangent "seul(e) à la cantine", si des élèves "font courir des rumeurs sur (eux)". Il leur est également demandé s'ils ont reçu "des messages insultants ou menaçants" sur les réseaux sociaux, si "des photos ou messages circulent" sur eux sans leur accord, ou encore s'ils ont à "s'endormir" ou ont "mal au ventre ou à la tête" à cause de ce qu'ils vivent au collège.

Il faut une partie pour expliciter les choses et peut-être aussi, à certains moments, pour gérer l’émotion.
Radouane M'Hamdi, proviseur dans un lycée de Seine-Saint-Denis

L'objectif est d'informer les parents du climat dans l'établissement et de mobiliser le personnel enseignant. Mais pas question de pointer du doigt des élèves harceleurs et aucune sanction n'est prévue, souligne le ministère. Selon Radouane M'Hamdi, chef d'établissement dans un lycée de Seine-Saint-Denis et secrétaire départementale du SNPDEN-UNSA, le délai semble un peu court. "Le questionnaire, on ne peut pas le faire arriver comme ça aux élèves. Il faut une partie pour expliciter les choses et peut-être aussi, à certains moments, pour gérer l’émotion. Il faut donc un peu de temps pour qu’on puisse préparer les choses", explique le proviseur, dans la vidéo en tête de cet article.

Du côté des parents d'élèves, on salue l'initiative. En février dernier, une équipe de reportage du 20H de TF1 avait rencontré Mickaël, un père de famille dont l'enfant a été déscolarisé après avoir subi trois ans de harcèlement. Pour son fils Maël, à la lecture des questions, cela sonne comme une évidence. "C’est très complet, les sujets sont très variés. On parle autant de harcèlement, de vol, de ce qui se passe à la cantine", souligne le jeune homme, dans le reportage vidéo. Le gouvernement a dévoilé fin septembre un plan interministériel de lutte contre le harcèlement scolaire, promettant une "mobilisation générale" contre ce "phénomène massif".


M.D. | Reportage vidéo TF1 Laura Adda et Irvin Blonz.

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