Les jardineries des Pyrénées-Orientales sont à sec.
Depuis les restrictions d’eau décrétées à la mi-avril, les gérants déplorent 50% de perte de chiffre d’affaires.
Ils demandent "d’être aidés financièrement" pour ne pas mettre la clé sous la porte.

Dans la jardinerie Natur’innov de Toulouges (Pyrénées-Orientales), où 150 personnes par jour devraient affluer en cette période, les rayons sont déserts. Car les restrictions au niveau de l’arrosage dissuadent les clients d’acheter par rapport à d’habitude. "J’ai bien 100 euros de fleurs qu’on achète par-ci par-là, mais cette année, non", témoigne une cliente interrogée par TF1, dans le reportage visible en tête de cet article "D’habitude, j’en achetais le double, je pense, une vingtaine de pots, et cette année, je suis restée à dix pots pour mes jardinières", abonde une autre cliente. 

En temps normal, cette jardinerie réalise 60% de son chiffre d’affaires entre avril et juin. Une période cruciale. Faute de clients, la gérante a dû se passer de trois saisonniers cet été et s’inquiète du manque de rentrée d’argent. "Pour nous, c’est une catastrophe. On a une grosse perte de chiffre d’affaires, de l’ordre de 50%. Aujourd’hui, nous avons gelé toutes nos précommandes, parce que normalement, nos chrysanthèmes, on les réserve sur le mois de mai et les sapins sont réservés sur le mois de juin", déplore Marine Serradell, la gérante. 

Des surfaces de ventes réduites

Dans la jardinerie Puig située à Elne (Pyrénées-Orientales), le gérant a dû réduire la surface de vente. "Là, vous avez 2000 mètres carrés qui sont vides aujourd’hui. Habituellement, ils sont pleins d’arbustes, d’arbres. On a moins de clients, donc on a besoin de moins de surface", explique Philippe Puig, le gérant. Pour lui, la saison est perdue. "On est en train de pomper dans notre trésorerie. On a besoin d’être aidés financièrement, sinon ça ne va pas le faire et peut-être qu’avant la fin de l’année, on fera partie de ceux qui tireront le rideau", soupire-t-il.

De son côté, Loïc Benoît, paysagiste, s’adapte. Il installe deux fois plus de graviers ou de gazon synthétique qu’avant. Le gazon naturel, c’est fini. "Quand on fait un engazonnement, on est censés proposer aussi l’arrosage, la première tonte et le fait que le gazon se porte bien. Et ça, clairement, on ne peut plus le garantir. Donc moi personnellement, j’ai arrêté l’engazonnement", explique-t-il. Les jardins sont amenés à évoluer. Les plantes grasses et les cactus sont mis en avant dans les magasins mais ils peuvent coûter jusqu’à quatre fois plus cher que les plantes classiques. 


L.T. | Reportage TF1 : Aurélie Erhel, Jean-Vincent Molinier

Tout
TF1 Info