En ville, les vols de batteries de vélos et trottinettes électriques se multiplient.
Des équipements qui alimentent un trafic très lucratif, en France et à l'étranger.
Le 20H de TF1 a enquêté sur ce phénomène.

C'est un butin très convoité : les batteries électriques, dont les vols en ville explosent. Qu'ils équipent les vélos électriques ou les trottinettes, ces composants sont convoités par des trafiquants qui en extraient le lithium. Ce métal rare a vu son prix multiplié par dix l'année dernière, avant de progressivement redescendre ces derniers mois.

Une baisse toutefois insuffisante pour enrayer le phénomène, tant le trafic de batteries reste rentable. Un phénomène qui affecte même les cyclistes les plus convaincus. Dans le reportage de TF1 en tête de cet article, notre équipe a rencontré Gabriel, un fervent adepte du vélo électrique. En à peine trois jours, le jeune homme s'est fait dérober ses batteries sur deux vélos différents. Une mésaventure qui l'a conduit à une décision radicale. "Le vélo électrique, pour l'instant, j'arrête. Il faut que les producteurs de vélos trouvent une solution pour empêcher le vol des batteries. Ça ne fonctionnera pas tant qu'on n'aura pas résolu ce problème de sécurité", déplore-t-il. Gabriel roule désormais sur le même vélo électrique... mais sans batterie.

Un trafic international de batteries

En ville, les vélos électriques de location sont également touchés, comme ceux de la flotte francilienne Véligo. Selon l'entreprise, les batteries de plusieurs dizaines de ses vélos sont dérobés chaque mois. Aucune mesure miracle n'existe à ce jour, en dépit de quelques initiatives. "Nous offrons à nos clients avec la location du véhicule, un sac pour transporter leur batterie. Comme ça, c'est beaucoup plus pratique", affirme Agnès Presberg, directrice générale adjointe de Véligo. Pour elle, "le conseil simple et efficace, c'est de ne pas laisser sa batterie sur le vélo".

Même les modèles où la batterie électrique est intégrée au vélo ou à la trottinette ne sont pas inviolables. "Vu qu'elle est intégrée au cadre, il faut abimer le cadre du vélo pour avoir la batterie. Et donc les voleurs utilisent des pieds de biches ou des outils assez violents pour les prendre", nous explique un réparateur strasbourgeois.

Selon les forces de l'ordre, ce trafic de batteries en France alimente des filières dans plusieurs pays. "On a un trafic international avec ces batteries qui partent à l'étranger notamment en Roumanie. Une filière a été identifiée et un jeune homme a été jugé pour cela", analyse Yann Bastière, délégué national investigation de l'Unité SGP Police. En février dernier, 230 batteries de trottinettes équipés de puces GPS ont été retrouvés près de Bucarest.  Certains modèles volés en France sont revendus sur internet, ou même à la sauvette dans certains quartiers de Paris. Munie d'une caméra discrète, notre équipe de journalistes a pu s'en procurer une pour 30 euros.


Laetitia ASGARALI DUMONT | Reportage : Henri Dreyfus, Emma Barrier

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