La Fédération française pour le développement des camélidés en France souhaite faire défiler des chameaux et des dromadaires dans Paris, ce samedi 20 avril.
Mais cette idée n'a pas suscité l'enthousiasme de la municipalité, comme d'une association de défense des animaux.
La préfecture a proposé un itinéraire alternatif dans le Bois de Vincennes, une proposition désormais à l'étude par les organisateurs.

Qui roulera sa bosse dans les rues de Paris, ce samedi 20 avril ? Probablement pas les chameaux et dromadaires de la Fédération française pour le développement des camélidés. Un arrêté a été pris par la préfecture de police visant à interdire ce défilé prévu de longue date, mais qui suscite de nombreuses oppositions. En premier lieu, celles de la mairie de Paris et d'une association de défense des animaux. On vous explique la situation. 

Promouvoir "la cause du dromadaire"

La Fédération française pour le développement des camélidés a annoncé "l'incroyable défilé" d'une cinquantaine de dromadaires, chameaux, lamas et alpagas dans Paris, ce samedi 20 avril dans l'après-midi. Le parcours officiel devait se dérouler entre le quai de Seine devant la tour Eiffel, les Invalides et le siège de l'Unesco, dans le VIIe arrondissement de la capitale.

Ce défilé a été justifié par le président de cette Fédération, maire de Janvry, dans l'Essonne, et lui-même propriétaire de plusieurs camélidés, Christian Schoettl. Il estime que cet événement permet de soutenir "la cause du dromadaire dans la capitale française des droits de l'Homme". La manifestation s'inscrit dans le cadre de l'année internationale des camélidés, proclamée par l'ONU afin de promouvoir "la contribution essentielle" de ces "héros des déserts et des hauts plateaux" qui subviennent à des "millions de ménages vivant dans des environnements hostiles dans plus de 90 pays".

Afin de garantir la bonne conduite du défilé parisien, Christian Schoettl a dit avoir mobilisé 70.000 euros de fonds, 34 délégations nationales, 80 personnes pour protéger la manifestation dont trois vétérinaires, une ambulance de sécurité civile, deux vans pour secourir les animaux si besoin et des ramasses-crottes.

Opposition de la mairie et de Paris Animaux Zoopolis

Pour autant, le défilé ne suscite pas l'enthousiasme de la mairie. Auprès de l'AFP, la municipalité a fait savoir qu'elle "n'est pas favorable à ce défilé", tout en reconnaissant ne pas avoir de pouvoir décisionnel, "la manifestation étant itinérante". La mairie du VIIe arrondissement, consultée puisque la manifestation doit essentiellement se dérouler sur son territoire, a fait savoir auprès du Parisien qu'elle était également opposée.

L'événement ne convint pas non plus l'association de défense des animaux Paris Animaux Zoopolis. Celle-ci a dénoncé dans un communiqué l'utilisation de ces animaux comme "des objets de divertissement" et "de vulgaires ressources alimentaires". "Ces animaux sont adaptés au désert, aux fortes températures et à la sécheresse. Ils n'ont pas leur place à Paris", a fait valoir Amandine Sanvisens, cofondatrice de l'association, auprès de l'AFP.

La décision de la préfecture

L'autorisation ou non de la manifestation revient à la préfecture de police. Celle-ci a fait savoir dans un arrêté que "le défilé pourra se tenir ce 20 avril 2024 au Bois de Vincennes avec un rassemblement à 12h00 sur l'esplanade du Château de Vincennes, un départ du cortège à 14h00". Par ailleurs, une "déambulation" est possible dans des avenues spécifiques jusqu'à 18h00. 

Laurent Nuñez a expliqué que le défilé ne pouvait se tenir autour de la tour Eiffel, car une des zones, le Champ de Mars, est "touchée par des chantiers de montage d'infrastructures" en vue des Jeux olympiques. Ont également été soulignées "les conséquences significatives sur la circulation" dans ce lieu touristique. La préfecture souligne aussi que cet environnement à "si forte densité urbaine (...) est de nature à porter atteinte au bien-être animal". Enfin, le contexte de "durcissement de la posture Vigipirate" depuis la "revendication de l'attentat de Moscou par l'organisation État Islamique" est mis en avant.

Un ultime recours

Joint par l'AFP, l'organisateur de cette manifestation, Christian Schoettl, a assuré avoir déposé un recours en urgence auprès du Tribunal administratif de Paris. "J'ai dit à M. le Préfet de police qu'on n'organisait pas un pique-nique, que déplacer 34 délégations étrangères et 50 dromadaires, c'était une logistique colossale", notamment pour "la sécurité des animaux", a fait savoir ce fervent supporteur des camélidés. Selon lui, il est "impossible" d'organiser la manifestation au Bois de Vincennes en si peu de temps. 

Ce vendredi 19 avril, le tribunal a confirmé la décision de la préfecture. Dromadaires, chameaux et consorts ne défileront pas sur les quais de Seine, mais l'itinéraire dans le Bois de Vincennes est toujours possible. Interrogé, Christian Schoettl a indiqué avoir mobilisé "une réunion de crise" pour décider d'ici samedi à la mi-journée s'il organisera finalement le défilé sur le parcours proposé, ou renoncera totalement à la manifestation.


A. Lo. avec AFP

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