VIDEO - Mois sans pêche dans le golfe de Gascogne : "On est perdants sur toute la ligne", dénoncent les concernés

par La rédaction de TF1 Reportage - Bruno Boisrobert, Tara Lagoutte
Publié le 22 janvier 2024 à 10h07

Source : JT 20h WE

Les pêcheurs français de toute la côte atlantique n’ont plus le droit de travailler jusqu’au 20 février inclus.
Objectif : limiter les captures accidentelles de dauphins.
Mais la décision est difficile à accepter pour les concernés qui ont déchargé dimanche leur dernier poisson avant de mettre leur bateau au quai pendant un mois.

Du jamais-vu depuis 1945. L'essentiel des bateaux de pêche doivent rester à quai dans le golfe de Gascogne à partir de ce lundi afin de limiter les captures accidentelles de dauphins. Au large d'une vaste zone allant du Finistère au Pays Basque, l'arrêt concerne tous les bateaux, français ou étrangers, de plus de huit mètres et certaines techniques de pêche jusqu'au 20 février.  Au total, 405 navires vont rester à quai, dont une quarantaine à Lorient.

"Un mois à la maison, ça va être très compliqué, nous on vit pour notre métier", réagit dans le reportage en tête de cet article un pêcheur lorientais. Cette interdiction angoisse aussi la filière malgré les aides annoncées. "Je pense à ma famille, comment les nourrir", s'inquiète un autre. Et d'ajouter : "on stoppe les bateaux, on a tout pour travailler, la ressource est là". Un troisième abonde : "on n'aura pas de revenus pour l'instant, on ne sait pas comment ça va se passer, on est perdants sur toute la ligne".

"C'est dramatique"

Un dédommagement à hauteur de 80% du chiffre d’affaires est prévu. Mais cela ne console pas Éric, un armateur, qui voit s’arrêter cinq de ses six bateaux. "C'est dramatique, ça a impact énorme, on est en pleine saison du merlu, ce mois de février là c'est 500.000 à 600.000 euros, les aides de l'Etat ont les aura quand ?", illustre-t-il.

Dans ce contexte, c’est à une course contre-la-montre que se sont s’engagés les marins, à peine le pied posé à terre dimanche. Ils ont du préparer leur navire à une immobilisation forcée. "Après minuit, on n'a plus le droit de travailler, parce qu'en France, on aime bien payer les gens à rien faire chez eux", dénonce le patron d'un bateau de pêche, lui aussi révolté.

Moins de poissons débarqués, cela risque aussi d'être synonyme d'augmentation des prix et d'importation massive de poissons étrangers. C’est ce qui inquiète les consommateurs, en plus de voir la filière pêche enchaîner les crises.

Cet arrêt d'un mois doit se répéter pendant les hivers 2025 et 2026 au nom de la protection des dauphins.


La rédaction de TF1 Reportage - Bruno Boisrobert, Tara Lagoutte

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