Le gouvernement souhaite faire voter une loi sur la délinquance des mineurs avant la fin de l'année.
Elle fait suite à la série d'émeutes urbaines survenues, en juin dernier, après la mort du jeune Nahel tué par un policier.
Un an après, une équipe du 20H s'est rendu dans plusieurs villes durement touchées, parmi lesquelles Montargis (Loiret) qui peine à tourner la page.

Il y a presque un an, Montargis, commune du Loiret de 14.000 habitants, a été confrontée à une violence inouïe en plein centre-ville. Des magasins pillés et ce symbole d'une pharmacie en feu avant que tout l'immeuble ne soit ravagé. Aujourd'hui, il ne reste rien. Tout a été rasé. Le coût des émeutes à Montargis s'élève à plus de 15 millions d'euros. Pour continuer à être assurée, la commune a vu sa franchise passée de 7000 euros à deux millions d'euros.

Depuis un an, rien n'est fait pour dire que ça ne se reproduira plus.
Mohamed Oujdi, président du club "Amien SC Boxe"

Voilà, pour l'argent. Mais pour les commerçants, eux, presque unanimement évoquent, comme Aurélie qui a grandi ici, un autre traumatisme."Comme si on avait un peu violenté, violé. C'est fort ce que je dis, volontairement", confie-t-elle avant de qualifier ce vécu, comme "un traumatisme moral". Aujourd'hui, la ville espère des renforts policiers. Une trentaine de postes ont été promis depuis des mois par le gouvernement. Et côté caméras, le parc a été augmenté. Désormais, elles sont presque une centaine. 

Côté justice, sur les 200 casseurs ayant déferlé en centre-ville, cinq ont été condamnés jusqu'à deux ans ferme. "On sait qu'il y a une partie des jeunes qui ne travaillent pas, qui fait des petits boulots, qui deale, fait du petit trafic, dans des quartiers sensibles. Ces jeunes-là ont entre 22 et 25 ans et je ne sais pas comment on les récupèrera", souligne Benoît Digeon, maire (LR) de Montargis.

Des habitants toujours consternés

À Nemours en Seine-et-Marne, autre ville moyenne touchée par les émeutes de l'an dernier. Les locaux neuf de L'association culturelle "La Scala" ont été saccagés puis brûlés en pleine nuit. "On ne peut pas y entrer pour l'instant jusqu'à nouvel ordre", déplore dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article, Anne Bonnet, directrice de cette association. C'est tout le problème, entre l'assurance, les batailles d'experts et les autorités locales, aucune date de remise en état n'est fixée pour ce lieu qui a coûté plusieurs centaines de milliers d'euros aux contribuables. 

Le bâtiment est trop fragile pour accueillir du public. Alors pour continuer d'exister, l'association a été éclatée en plusieurs lieux : dans une école, dans un cinéma et dans une salle des fêtes en périphérie de la ville. Conséquence pour les professeurs, la direction des élèves, c'est le système D, en attendant un hypothétique retour à la normale qui pourrait prendre des années. "On nous a dit, si vous revenez, on remettra le feu", témoigne Anne Bonnet. Mais pas question de céder. "On veut retourner là-bas et on y arrivera", promet la directrice. Un an après, les adhérents de l'association se disent toujours consternés. "Ça a été violent de voir ça, que tout soit parti en fumée", n'en revient toujours pas une adhérente.

En banlieue d'Amiens (Somme), c'est un club de boxe qui a été entièrement rasé. Le quartier défiguré. Ici, le taux de chômage est bien plus élevé qu'ailleurs et les commerces quasi inexistants. La salle de boxe brûlée a déménagé dans des locaux provisoires prêtés par la municipalité. Ce club est une institution qui a formé plusieurs champions de France. Son patron en a marre de réclamer plus de moyens pour son quartier. "Depuis un an, rien n'est fait pour dire que ça ne se reproduira plus. Les services sociaux sont de moins en moins dans le quartier, à mon époque, il y avait un commissariat", regrette Mohamed Oujdi, président du club "Amiens SC Boxe". Le taux de pauvreté dépasse ici les 50 %. 


La rédaction de TF1 | Reportage François-Xavier Ménage, Olivier Cresta

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