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Violences dans les quartiers : le combat des mères

Publié le 16 mai 2021 à 20h04, mis à jour le 17 mai 2021 à 0h42
JT Perso

Source : JT 20h WE

L'essentiel

FAIT DIVERS - Après le meurtre de Marjorie, 17 ans, à Ivry-sur-Seine par un adolescent de 14 ans, sa mère a décidé de faire de sa mort un combat pour alerter sur cette extrême violence qui s'empare aujourd'hui des plus jeunes.

Depuis vendredi soir, des dizaines de proches pour soutenir la famille de Marjorie. Mais dans le petit séjour d'Ivry-sur-Seine, la maman, Odile Gentil, guette quelqu'un d'autre obstinément. "Ça fait mal. Je n'arrive même pas à trouver les larmes pour pleurer. Je n'arrive même pas à réaliser que ma fille, plus jamais, elle ne franchira cette porte. Je l'attends", lâche la mère de Marjorie.

48 heures que Marjorie est tuée d'un coup de couteau en bas de l'immeuble pour tenter une médiation entre sa cadette de 15 ans et les adolescents qui l'auraient harcelé sur le réseau social. Issus impensables pour la mère qui discutait en permanence avec ses 5 enfants, contrôlait leurs fréquentations, le contenu de leurs sacs, de leurs armoires. "Malgré toutes ses précautions que je prenais autour de mes enfants. Au jour d'aujourd'hui, je constate que ça n'a même pas suffi", déplore sa maman. "Cette histoire est allée tellement vite, tellement loin. Il aurait pu se servir de ses poings. Il ne l'a pas fait. C'était tellement plus facile pour lui d'aller chercher une arme", poursuit-elle. "Il n' a laissé aucune chance à ma sœur. Alors ne vient pas me dire que cet enfant ne savait pas ce qu'il faisait", affirme Cynthia Manouana, sœur de Marjorie, très émue.

La famille assure qu'à 14 ans, il était connu dans la cité pour son impulsivité et sa violence. Elle voit en lui les symboles d'une partie de la jeunesse d'aujourd'hui, sans repère, sans limite, capable de tuer Alisha 14 ans le 8 mars à Argenteuil ou Aymen, 15 ans, le 26 février à Bondi en région parisienne. "Je suis quasiment sûre que Marjorie ne sera pas la seule qui va se retrouver dans ce genre de situation, parce que la nouvelle génération ne comprend pas qu'il faut arrêter. On peut arranger les choses justes par la parole ou aller voir les plus grands ou se confier aux parents", affirme la mère de la victime.