Covid-19 : le défi de la vaccination

VIDÉO - Crise en Guadeloupe : de l'"anxiété" à la "peur", comment la population vit les violences

Maxence GEVIN | Reportage de J-M D'ABREU, A. LABRANCHU, A. SANTOS
Publié le 22 novembre 2021 à 17h19
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Source : TF1 Info

TÉMOIGNAGES - La Guadeloupe, où de nombreux habitants s'opposent au pass sanitaire, est toujours paralysée par des manifestations violentes et d'impressionnants barrages routiers. Une situation mal vécue par de nombreux locaux.

La tension ne retombe pas en Guadeloupe, au contraire. Après plusieurs semaines de montée du mécontentement, la situation s'est nettement dégradée le week-end dernier sur l'archipel. De violentes manifestations et des blocages routiers ont été organisés en réponse - notamment - à la mise en place du pass sanitaire et à l'instauration d'une obligation de vaccination contre le Covid-19 pour les soignants, paralysant le territoire d'outre-mer. Dans plusieurs communes, des magasins alimentaires et des pharmacies ont également été pillés. Appuyés par des renforts venus de l'Hexagone, les autorités locales ont commencé à démanteler les barricades dimanche, mais peinent encore à rétablir l'ordre. 

Ce lundi 22 novembre, Emmanuel Macron a appelé à la "solidarité" de la nation face à "une situation très explosive".  Il faut que "l'ordre public soit maintenu" et "ne rien céder au mensonge et à la manipulation par certains de cette situation", a-t-il martelé. 

Pour autant, la situation reste difficile à vivre pour de nombreux insulaires. "Il y a beaucoup d'anxiété. J'ai essayé d'aller voir mes parents. [...] J'y ai été pas à pas, mais j'avais peur", confie ainsi une habitante au micro de TF1, dans la vidéo en tête de cet article. "J'ai peur", abonde une autre femme, inquiète par les pénuries qui commencent à se faire sentir dans certains supermarchés, à cause des barrages routiers. Quand les routes ne sont pas bloquées, elles sont jonchées d’obstacle. Les automobilistes sont parfois obligés de déblayer eux-mêmes les débris. 

Guadeloupe : une semaine de tensions et de violencesSource : TF1 Info
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Outre l'impact économique, cette crise a des conséquences sur d'autres aspects du quotidien, à commencer par le médical. De nombreux patients peinent en effet à accéder à des soins pourtant essentiels. "Je dois aller chercher ma femme aux urgences. Tout est bloqué, j’essaye de trouver une issue", se désole un homme au volant de sa voiture. L'éducation, elle aussi, se retrouve touchée. Ce lundi, le rectorat a ainsi suspendu l'accueil des élèves "dans les écoles, collèges et lycées" de la Guadeloupe continentale.  "La situation reste incertaine concernant le trafic routier et la possibilité pour les personnels et les élèves de se déplacer sans encombre et en toute sécurité semble compromise à ce stade", précise-t-il dans un communiqué. 

"Ça fait longtemps que la Guadeloupe souffre"

De manière plus générale, les riverains voient dans ce mouvement social une conséquence des nombreux dysfonctionnements qui persistent dans l'archipel depuis de longues années. "Je pense qu'il faut s'occuper de la Guadeloupe et de cette vie, qui peut être parfois difficile pour certains", estime l'un d'eux. "Ça fait longtemps que la Guadeloupe souffre, qu'elle n'est pas écoutée", confirme un autre habitant. 

Une île bloquée : les Guadeloupéens agacésSource : JT 20h WE
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"On nous a envoyé 200 policiers et gendarmes supplémentaires. Mais nous demandons des moyens supplémentaires, de la formation pour les jeunes. On veut des solutions, on ne demande pas à être matraqué", assène, de son côté, un des manifestants. Quoiqu'il en soit, "ce n'est pas une belle image que l'on envoie au monde", conclut une Guadeloupéenne. 

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Près de 50% des habitants de Guadeloupe ont désormais complété leur schéma vaccinal contre le Covid-19. Ce chiffre monte à 90% chez les soignants. 


Maxence GEVIN | Reportage de J-M D'ABREU, A. LABRANCHU, A. SANTOS

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