Septuagénaire sauvée dans un ravin : les histoires de survie les plus incroyables en France

par Maëlane LOAËC
Publié le 14 juin 2023 à 14h30, mis à jour le 14 juillet 2023 à 14h38

Source : TF1 Info

Une septuagénaire a été secourue en Ardèche, après avoir passé cinq jours dans un ravin suite à la chute de sa voiture sur plusieurs dizaines de mètres.
Comme elle, plusieurs Français sont parvenus ces dernières années à survivre après des accidents qui semblaient pourtant les vouer à une fin tragique.

Le pire a été évité de justesse. Une femme de 79 ans a été sauvée in extremis mardi 11 juillet à Dunière-sur-Eyrieux, en Ardèche, après avoir été prisonnière d'un ravin pendant trois jours. Son véhicule avait quitté la route pour se renverser 50 mètres en contrebas. Malgré la violence de la chute, la septuagénaire a survécu et s'en est sortie indemne, avec seulement des blessures légères. Elle n'est pas la première à être secourue miraculeusement dans des conditions extrêmes. Ces dernières années, de nombreux Français pris au piège des éléments ont déjoué les pronostics en parvenant à se maintenir en vie coûte que coûte.

72 heures sans boire ni manger

La septuagénaire découverte saine et sauve dans un ravin d'un village ardéchois a survécu trois jours durant sans boire ni manger. Elle avait quitté sa résidence secondaire samedi, pour rallier son domicile principal d'Ollières-sur-Eyrieux, mais n'était jamais arrivée à bon port, selon France Bleu. C'est à compter de mardi que l'alerte est donnée et que les secours sont partis à sa recherche. Un voisin qui participait aux battues est parvenu à retrouver le véhicule renversé dans le ravin, et juste à côté la conductrice miraculée, seulement légèrement blessée. 

"Elle était sortie toute seule du véhicule, elle s'était assise devant et attendait. Elle paraissait déshydratée et se plaignait de douleurs au niveau du thorax", a rembobiné le capitaine Julien Hilaire, pompier et membre du groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux, le Grimp, dans le reportage du 13H de TF1 en tête d'article. "On était content de la retrouver dans cet état, dans la mesure où le ravin est profond. Quand on a compris qu'elle y était depuis presque quatre jours, on était très satisfait."  "C'est une bonne étoile qui l'a suivie. Elle ne devait pas partir à ce moment-là", s'est aussi réjoui un habitant de la commune. Le voisin qui a localisé le véhicule, sauvant ainsi la vie de la conductrice, est devenu le héros de tout un village, mais préfère de son côté rester discret.

Cinq jours prisonnière de sa voiture

Elle n'y croyait plus. Une femme de 70 ans qui avait chuté en voiture dans un ravin d'une cinquantaine de mètres a été secourue dimanche 11 juin par les pompiers à Castagniers, dans les Alpes-Maritimes. Pendant cinq jours, elle est restée bloquée dans l'habitacle de son véhicule, mais elle est parvenue à survivre, ayant été seulement légèrement blessée. La conductrice avait disparu des radars pendant cinq jours. 

Un hélicoptère a dû être mobilisé pour réussir à évacuer cette septuagénaire, dont la voiture avait fait une sortie de route, selon Nice-Matin. "Elle se trouvait côté passager du véhicule. La victime était très déshydratée mais n'était que légèrement blessée. Les investigations ont montré qu'elle avait passé cinq jours dans sa voiture dans ce ravin", a indiqué une source proche du dossier à TF1info. "Elle était consciente, s'est mise à pleurer. La première chose qu'elle a demandé, c'est à boire", a raconté un témoin à Nice-Matin. Son sauvetage a nécessité 7 engins et 23 sapeurs-pompiers, selon le quotidien régional. 

Une nuit entière agrippé à la paroi d'une falaise

Quelques mois plus tôt, en octobre dernier, la sortie de route d'un adolescent aurait également pu lui être fatale. "Il était accroché à sa vie", se souvenait à l'époque l'un de ses sauveteurs auprès de TF1. Le jeune homme de 17 ans avait été sauvé in extremis après avoir passé une nuit entière suspendu à 150 mètres au-dessus du vide, sur une falaise du massif de la Chartreuse, en Isère. Il s'était agrippé "à des touffes d'herbe" : "À la moindre glissade, il lui restait deux mètres avant de partir dans le vide. La chute aurait été fatale", soulignait Philippe Génin, l'un des brigadiers ayant participé à l'opération de secours. 

Le jeune homme était parti à vélo de Fontaine, près de Grenoble, pour rejoindre des amis au Plateau-des-Petites-Roches en Chartreuse, mais il avait été induit en erreur par les instructions de son GPS, celles-ci l'ayant mené sur un chemin périlleux. Il s'était alors retrouvé bloqué sur un éperon rocheux d'une falaise du massif de la Chartreuse, et avait passé toute la nuit accroché à une fine végétation. Le lendemain matin, frigorifié et à bout de force au bout de dix heures de lutte, il avait enfin pu retrouver la terre ferme, après une opération délicate des secours, réalisée en hélicoptère. 

Une errance de quatre jours en forêt

Les erreurs de trajectoire ont également donné des sueurs froides à un couple de septuagénaires, fin août 2019. Ils avaient déjà perdu tout espoir, quand ils ont été secourus in extremis par des gendarmes. Tous deux s'étaient perdus lors d'une randonnée dans le parc de la Vanoise, en Savoie. Pourtant aguerris dans ce sport, Roland et Mauricette ne retrouvaient plus leur chemin, et impossible de contacter les secours, faute de réseau. Blessé par des chutes dans des ravins, le couple était tout de même parvenu à survivre quatre jours en s'abritant tant bien que mal et en cueillant des framboises sauvages.

L'état de Roland en particulier s'était aggravé rapidement. "Il s'accrochait à moi. Puis, il a perdu connaissance. J'ai prié, prié. Je me suis dit que j'allais me laisser mourir avec lui", avait raconté Mauricette au Parisien. L'alerte a finalement été donnée aux gendarmes par le personnel de la résidence de tourisme où les deux septuagénaires logeaient. Le couple a été repéré depuis un hélicoptère, juste à temps pour sauver Roland, dont la température corporelle avait chuté à 26 degrés. 

Prise au piège dans une cabane encerclée de neige

Les paysages montagneux sont aussi le décor de nombreuses mésaventures en hiver, au moment des chutes de neige. En avril dernier, une skieuse de randonnée grenobloise a bien cru que la cabane dans laquelle elle avait trouvé refuge allait devenir son tombeau. Cette passionnée de montagne expérimentée était partie pour un périple en solitaire dans le massif de Belledonne, en Isère. Elle s'était repliée sur un abri de quatre mètres carrés environ, faute de trouver une place dans un refuge. La neige a alors commencé à tomber en abondance et à bloquer la porte, grimpant jusqu'à 1,5 mètre et l'empêchant de sortir, relate Le Parisien. Frigorifiée, elle s'était aussi retrouvée rapidement dans le noir, lorsque les piles de sa lampe avaient rendu l'âme.

"Je me demandais combien de temps je pouvais continuer à respirer. On se dit qu’on va mourir mais on ne sait pas combien de temps ça va prendre", a raconté au quotidien Aurélie Dutertre, 46 ans. C'est grâce à un bout de couverture de survie, glissé "dans l’interstice situé en haut de la porte (de la cabane) pour qu’il s’envole", qu'elle est parvenue à attirer l'attention des policiers secouristes qui quadrillaient la zone en hélicoptère, mais qui ne soupçonnaient pas qu'elle puisse être recluse dans cet abri. Au terme de ce calvaire, elle a survécu avec seulement une légère hypothermie et quelques écorchures à la main.

Près de trois heures sous la glace

Toujours en Isère, un randonneur enseveli sous la neige a déjoué ses pronostics de survie en janvier 2021. Alors qu'il est pratiquement impossible de rester en vie au-delà de 20 minutes lorsque l'on est prisonnier d'une avalanche, faute d'air pour respirer, l'homme de 50 ans a été retrouvé vivant après avoir passé 2h40 sous la glace. Il marchait en raquettes aux côtés de sa famille dans une forêt à proximité de la station de Val d'Isère quand il s'est retrouvé face à une large coulée de neige, dont ses proches sont parvenus à se dégager, mais pas lui. 

S'il n'était pas équipé d'un détecteur de victime d'avalanche, c'est finalement la localisation de son téléphone qui l'a tiré d'affaires, permettant aux secours de le retrouver. L'homme avait été extirpé vivant sous 2,5 mètres de neige. "Il aurait eu réflexe de se mettre à l'abri derrière un arbre et sous le talus. Ce qui lui aurait sauvé la vie", avait estimé auprès de TF1 Cédric Bonnevie, responsable des pistes.

Un enfant miraculé d'une avalanche

Quelques années plus tôt, en décembre 2018, c'est un enfant de douze ans qui a miraculeusement survécu sous la neige, retrouvé près d'une heure après le déclenchement d'une avalanche qui l'avait enseveli à La Plagne, en Savoie. Le chien d'un sauveteur, l'adjudant Raphaël Chovin, était parvenu à l'identifier et à le tirer d'affaires. "Avec des pelletés, on a dégagé rapidement la tête, on a constaté qu'il était conscient et n'avait pas de bouchon de neige dans la bouche. On savait qu'il était vivant", avait raconté le gendarme à TF1 à l'époque.

Traîné sur 400 mètres par une coulée de 500 mètres de large sur 800 de long, il a été retrouvé indemne par miracle, grâce à une neige très froide qui a permis à l'air de passer et à ses vêtements et son casque qui l'ont préservé des températures glaciales, ont expliqué les secours. Le jeune skieur faisait partie d'un groupe imprudent, qui s'était engagé sur une piste fermée.

Cinq jours dans une crevasse

Du côté des Pyrénées, c'est un randonneur de 41 ans qui a évité le pire. En mai 2016, Yannick Niez a été retrouvé vivant dans une crevasse de La Pierre Saint-Martin, en Nouvelle-Aquitaine, cinq jours après sa disparition. Alors qu'il marchait en raquettes, il était tombé dans un trou caché par de la neige, comme le raconte France Bleu. L'homme a eu la chance d'être projeté sur une autre couche de neige, et non sur une roche. Il s'est retrouvé dix mètres plus bas, une chute vertigineuse mais qui aurait pu s'avérer bien plus grave dans ce secteur qui compte plusieurs crevasses de 60 mètres de profondeur. 

Une source lui a permis d'éviter la déshydratation, et il est parvenu à rester au sec grâce à ses vêtements de rechange. Mais l'homme ne disposait d'aucun duvet ni couverture de survie, dans cette crevasse où le mercure ne dépassait pas les cinq degrés. Quant à son téléphone portable, la connexion ne passait pas. Il a tout de même réussi à interpeller des gendarmes, qui sont parvenus à le retrouver, pleinement conscient, et seulement légèrement blessé à la main et aux chevilles.


Maëlane LOAËC

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