Violence : un sentiment de défiance mine la société française, selon une étude

AL.
Publié le 16 janvier 2022 à 12h29
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Source : TF1 Info

PESSIMISME - Selon une étude menée dans 55 pays à travers le monde, la société française serait minée par une forte défiance à l'égard d'autrui, amenant à la crainte que les citoyens n'arriveront plus à résoudre leurs désaccords de manière pacifique.

C'est un constat sombre que met en avant l'étude, réalisée en France par la Fondation pour l'Innovation politique (Fondapol). Selon cette enquête menée dans 55 pays sur la démocratie et la place des libertés dans le monde, la défiance à l'égard d'autrui serait forte parmi les sociétés démocratiques. 

En moyenne, sur les 47.408 personnes interrogées, 64% des répondants se montrent d'accord avec l'affirmation selon laquelle "on n'est jamais trop prudent quand on a affaire aux autres".

Recourir à la violence pour promouvoir ses opinions

Ce sentiment de défiance se ressent notamment en France, où seul 9% de l'échantillon interrogé se montre optimiste quant à l'avenir de leur pays. Ils sont également parmi les plus nombreux à penser que leurs désaccords conduiront à la violence. 71% des personnes interrogées ont choisi l'item "les citoyens n'arriveront plus à résoudre leurs désaccords de manière pacifique dans leur pays et auront plus souvent recours à la violence". 

Au sein de l'Union européenne, l'idée de recourir à la violence pour promouvoir ses opinions est moins forte. Seul 17% des répondants sont d’accord avec cette idée. Parmi l'ensemble de l'étude les nouvelles générations semblent se préparer à un monde plus violent. 80% des 18-34 ans interrogés indiquent être "très inquiets", ou "plutôt inquiets" à propos de la guerre, contre 70% pour les 60 ans et plus. 

"On sent bien une sorte d'inquiétude sur la possibilité que ce XXIe soit celui de l'effondrement des démocraties, pour des raisons internes, parce que nous n'arriverions pas à régler nos différents de manière pacifique. Cette peur-là, elle est très répandue", affirme, à propos de ce constat, Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol et qui a dirigé l'étude.

La moitié des personnes interrogées (47%) sont aussi favorables au droit d’"avoir une arme à feu chez soi pour se défendre". Des fortes disparités sont constatées entre les pays, reflétant un état du droit différent. En France, 26% des personnes interrogées se disent "tout à fait favorables" ou "plutôt favorables" à avoir le droit de posséder une arme à feu chez soi pour se défendre.

De plus, en France, 50% des personnes interrogées estiment que le système démocratique fonctionne mal. Pour autant, sur l'ensemble de l'échantillon de l'étude, les individus se montrent malgré tout attachés à "avoir un système politique démocratique avec un Parlement élu qui contrôle le gouvernement".


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