Violences conjugales : la Haute autorité de Santé demande aux médecins de mieux interroger les patientes

Publié le 24 novembre 2023 à 16h25

Source : JT 20h Semaine

La Haute autorité de Santé publie ce vendredi un rapport sur les violences conjugales.
Selon ses chiffres, les professionnels de santé ne posent pas assez de questions à ce sujet.
L'autorité scientifique appelle donc les médecins à se saisir pleinement du sujet.

C'est un sujet d'ampleur qui reste pourtant difficile à aborder. Dans un rapport publié ce vendredi 24 novembre, la Haute autorité de Santé (HAS) révèle que les professionnels de santé ne posent pas assez de questions au sujet des violences conjugales, malgré ses recommandations publiées en 2019. Avec un tiers des femmes dans la patientèle d'un médecin généraliste pourraient en être victime, l'autorité scientifique appelle le secteur à "se saisir pleinement du sujet".

Seule une femme sur dix interrogée

En 2019, l'autorité dont le rôle est notamment d'élaborer des recommandations de santé publique, appelait les professionnels de santé de premier recours à "demander à toutes leurs patientes si elles subissent ou ont subi des violences par le passé, même en l'absence de signes d'alerte". Un questionnement systématique dont l'enjeu était alors de faciliter la parole des victimes en normalisant le sujet, afin d'assurer une prise en charge plus précoce. 

Pour quel résultat ? Afin de suivre l'évolution de cette pratique, la HAS a interrogé 1000 femmes pour savoir si le sujet avait été abordé en consultation par leur médecin. Une enquête dont les résultats "mettent en évidence une stagnation des pratiques", comme le regrette l'autorité. Tandis que la quasi-totalité des patientes (96%) sont favorables aux questions à ce sujet, la pratique est peu appliquée. En 2023, seules 14% d'entre elles disent avoir été interrogées au sujet de leur relation avec leur partenaire sur les 18 derniers mois. Et uniquement 3% sur la question d’éventuelles violences conjugales. Pourtant, parmi les répondantes, certaines auraient pu bénéficier d'une prise en charge à ce sujet. Une femme sur cinq déclarait en effet  subir ou avoir subi des violences de la part de leur partenaire, qu'elles soient physiques, verbales, psychologiques ou sexuelles.

Face à ces chiffres, l'autorité scientifique regrette donc que les médecins ne se soient pas appropriés pleinement cette recommandation. Et appelle le secteur de la santé à "s'en saisir pleinement". À la veille de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la HAS rappelle mettre à disposition de tous les soignants "plusieurs documents et outils" afin de faciliter ce dialogue. 


Felicia SIDERIS

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