La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Livres en grandes surfaces, chasse, permis de conduire... Ce qui change par rapport au premier confinement

ALG
Publié le 2 novembre 2020 à 14h53, mis à jour le 2 novembre 2020 à 17h12
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

L'essentiel

MISE AU POINT - Entre l'expérience du printemps dernier et les revirements opérés par le gouvernement depuis l'annonce de ce reconfinement, il n'est pas toujours évident de savoir ce qui est actuellement permis. En témoignent, quelques cas bien précis sujets à confusions ces derniers jours.

Que peut-on faire et ne pas faire ? L'entrée en vigueur du reconfinement ce vendredi a relancé le flot de questions sur des situations très concrètes du quotidien. Or, s'il peut être tentant de se référer à l'expérience du printemps dernier, nombre de règles suivent cette fois la tendance globale d'un confinement plus souple pour ne pas paralyser l'économie. D'autres ont déjà évolué depuis l'annonce du 28 octobre, face à la grogne manifestée dans certains secteurs. De quoi semer un peu plus le trouble dans l'esprit de quelques concernant ce qui est finalement effectivement permis. Ou pas. 

Acheter un livre en grande surface, prendre un cours de conduite, aller à la chasse... nous faisons le point. 

Acheter un livre en grande surface ?

Non. Trois jours après l'entrée en vigueur du reconfinement, Jean Castex a annoncé la fermeture des rayons "non essentiels" des grandes surfaces afin de "rétablir l'équité" avec les commerces de proximité qui eux ont dû fermer. Les rayons de la culture, des jouets ou encore d'électroménager devront être condamnés dès ce mardi, a fait savoir le Premier ministre, rendant dès lors impossible notamment l'achat de livres en grande surface.

SOS Commerces : un fleuriste obligé de fermer tandis que les jardineries restent ouvertesSource : JT 13h Semaine
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Pour rappel, après l'allocation d'Emmanuel Macron le 28 octobre, les librairies sont les premières à être montées au créneau en demandant l'autorisation d'ouvrir leurs portes. La colère des libraires était encore montée d'un cran quand les magasins Fnac ont annoncé rester ouverts, s'appuyant sur la dérogation accordée à certains commerces pour subvenir aux besoins des salariés en télétravail. 

Me rendre chez mon psy ?

Oui. Se rendre chez le psychologue ou le psychiatre entre bien sûr dans le champ des déplacements dérogatoires pour motif de santé. Cela était déjà le cas lors du premier confinement mais des témoignages relayés au printemps dernier avaient montré qu'en pratique, de nombreux rendez-vous, y compris en milieu hospitalier, avaient dû être annulés ou reportés en téléconsultation sous l'impulsion des recommandations et des règles en vigueur, alors plus strictes. Cela ne semble pas être le schéma qui se dessine pour ce nouveau confinement, des professionnels concernés ayant déjà fait savoir à leurs patients qu'ils n'avaient pas l'intention cette fois de renoncer aux consultations en présentiel. Ce qui est de bon augure alors que de nombreux experts de la santé mentale ont déjà pointé l'inquiétant impact psychique de ce reconfinement.

Prendre une leçon de conduite ?

Non. L'activité des auto-écoles est l'un des points qui a nécessité un éclaircissement après l'annonce initiale du reconfinement et ce qui en découlé. Verdict ? Ces dernières sont autorisées à maintenir les examens des permis de conduire tout en ayant interdiction de donner des leçons de conduite. En bref : les examens de permis, oui ; les cours, non, à moins qu'ils se fassent à distance pour ce qui concerne le code. 

Pour rappel, lors de la première phase de confinement, cours et d'examen du permis avaient été mis à l'arrêt. 

Aller à la cueillette aux champignons ?

Oui.  Si cela peut paraître surprenant dans ce contexte, en pratique rien n'interdit de se livrer à cette activité automnale, à condition qu'elle ait lieu dans un bois ou une forêt situé à un kilomètre maximum du lieu de domicile, et de respecter la durée maximale d'une heure autorisée pour s'aérer. Sur l'attestation dérogatoire de sortie, il faudra alors cocher la case "déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile […] liés à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d’autres personnes".

Pour précision, pour ce second confinement, et contrairement au premier, à l'instar des forêts, plages et parcs restent en effet ouverts.

Aller à la chasse ?

Oui et non. La chasse de loisir n’est pas autorisée mais les battues administratives ou tout autre type de chasse autorisée dans le cadre du plan de chasse, elles, le sont. Objectif ? Garantir la lutte contre les dégâts aux cultures ou la surveillance sanitaire de la faune sauvage. Il convient dans ce cas précis de cocher la case "participation à des missions d’intérêt général sur demande de l’autorité administrative".

Après la publication des règles du confinement, des discussions avaient été entamées entre les autorités et la Fédération nationale des chasseurs (FNC), qui met en avant sa mission de service public liée à cette régulation du grand gibier. Pour rappel, chaque année, les chasseurs doivent payer des millions d'euros d'indemnisation aux agriculteurs pour les dégâts causés par les sangliers.

Me faire couper les cheveux à domicile ?

(Finalement), c'est non. Comme la vente de livres en grande surface, la coiffure ou les soins d'esthétique à domicile étaient encore autorisés il y a quelques jours lorsqu'a été annoncé ce deuxième confinement.

Alain Griset, ministre délégué en charge des PME a expliqué ce lundi sur BFMTV qu'"un coiffeur qui irait à domicile entrerait dans un lieu qui n'est pas sécurisé". De son côté, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire sur RTL a souligné, pour justifier ce revirement, que "ce n'est pas compréhensible pour un salon de coiffure qui a fait tous les efforts pour s'adapter aux règles de sécurité sanitaire que, dans le même temps, vous puissiez avoir des coiffeurs à domicile."

Faire du covoiturage ?

Oui. Tous les déplacements dérogatoires peuvent être effectués en covoiturage, à condition que chacune des personnes dans le véhicule dispose d’une attestation mentionnant le motif de cette sortie, et respecte les règles sanitaires, à commencer par le port du masque.