Qui était Xavier Beulin, patron controversé de la FNSEA, décédé à 58 ans?

La rédaction de LCI
Publié le 20 février 2017 à 8h05, mis à jour le 20 février 2017 à 8h14
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Source : Sujet JT LCI

DISPARITION - A un peu plus d'une semaine du Salon de l'agriculture, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, est mort brutalement ce dimanche à l'âge de 58 ans. Syndicaliste controversé, il militait pour une industrialisation de l'agriculture.

Aux antipodes de L’Amour est dans le pré. A 58 ans, celui qui dirigeait la FNSEA depuis fin 2010, et que l’on décrivait souvent comme le "véritable ministre de l’Agriculture", n’avait pas grand-chose à voir avec l’image que l’on se fait habituellement d'un paysan. Costume impeccable, chaussures vernies et montre Breitling au poignet, Xavier Beulin n’avait, pour ainsi dire, pas la gueule de l’emploi. 

Dimanche 19 février, le principal syndicat agricole français a annoncé la mort de son président dans un communiqué.

Céréalier d'origine, Xavier Beulin avait repris l’exploitation familiale à la mort de son père, alors qu’il était âgé de 17 ans. Il décide de s'engager dès 1985 dans le syndicalisme, localement d’abord, puis en gravissant un à un les échelons jusqu'au sommet du plus puissant syndicat agricole français. Quitte à susciter la controverse, Xavier Beulin militait depuis toujours pour une industrialisation de l'agriculture. 

A première vue, on le dirait tout droit sorti d'HEC. En réalité, Xavier Beulin n'avait pas le bac !  Déposer du fumier devant la préfecture avec des fourches ou taper du poing sur la table en hurlant ses vérités, ce n'était pas vraiment son style. Lui préférait de loin la négociation et manoeuvrer en coulisse à la Commission européenne ou à l'Organisation mondiale du commerce. 

De la ruralité en col blanc

Celui qui représentait les petits producteurs parfois au bord de la faillite était lui-même très loin de ce milieu. Et pour cause, il était à la tête d’un empire agro-industriel et financier, le géant céréalier Sofiprotéol (récemment rebaptisé Avril). Ce mastodonte de l'économie française pèse 7 milliards d’euros de chiffres d’affaires par an, regroupe plus de 150 sociétés (dont les marques Lesieur, Puget, Matines) et revendique une présence dans plus de 22 pays. 

Une double casquette qui faisait dire à ses détracteurs que l’homme n’avait plus grand-chose d’un agriculteur, ce qu'il contestait. Interrogé par Libération en 2011, il s'en était défendu vivement : "J’y vais deux week-ends par mois. Le dernier, j’ai fait dix-sept heures de tracteur ! Et quand je vais à l’étranger, la première chose que je fais, c’est sentir la terre." Difficile pourtant d’imaginer Xavier Beulin dans un champ avec une paire de bottes en caoutchouc.

"Un pilier du mouvement syndical agricole"

Les écologistes lui reprochaient de sacrifier la défense de l'environnement et des petites exploitations en faisant la promotion d'une ruralité en col blanc. Ce défenseur des OGM et d'une agriculture productiviste s'était illustré pendant l'été 2015 en tentant de canaliser les fortes mobilisations d'agriculteurs, en colère contre la chute des prix du lait, du porc. Fin janvier, il avait annoncé son intention de se présenter pour un troisième mandat à la tête de l'organisation syndicale.

Selon le syndicat agricole, cité par l'AFP, Xavier Beulin aurait succombé à une crise cardiaque. L'an dernier pendant le Salon de l'agriculture, "il s'était esquivé discrètement pour gagner l'hôpital et faire une dialyse", indique le quotidien Le Figaro. Dans un communiqué, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a rendu hommage à un "pilier du mouvement syndical agricole". A un peu plus d'une semaine du Salon de l'Agriculture  

Décès de Xavier Beulin : les réactions des politiquesSource : Sujet JT LCI
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