Yvelines : "menacée" après un cours sur l'évolution illustré avec une image de Soprano, une enseignante "exfiltrée"

La rédaction de LCI
Publié le 18 janvier 2022 à 22h35, mis à jour le 19 janvier 2022 à 7h02
Jean-Michel Blanquer souhaite que les début de carrière soient largement revalorisés d'ici 2024.

Jean-Michel Blanquer souhaite que les début de carrière soient largement revalorisés d'ici 2024.

Source : JEFF PACHOUD / AFP

FAIT DIVERS - Une enseignante d'un collège de Trappes a dû être "exfiltrée" de son établissement et du département des Yvelines après des menaces à la suite d'un cours sur l'évolution de l'Homme où étaient associées une image de singe et une photo du chanteur Soprano.

Une enseignante "exfiltrée" après des menaces. C'est ce qui s'est produit dans un collège de Trappes où, à la suite d'un cours sur l'évolution de l'Homme où étaient associées une image de singe et une photo du chanteur Soprano, une professeure s'est retrouvée au centre d'une vive polémique. Au point de quitter le département des Yvelines, précise le Parisien qui révèle ce mardi cette affaire qui s'est déroulée en décembre 2020.

Lors d'une leçon pour une classe de 3e en décembre 2020, cette professeure de SVT (sciences de la vie et de la terre) avait décidé, "pour intéresser les élèves" a-t-elle plaidé auprès de l'AFP, d'apposer une photo du rappeur français d'origine comorienne sur une frise chronologique. La présence sur cette même frise d'une image de singe a suscité la colère d'un père d'élève, selon le quotidien.

Les forces de l'ordre immédiatement informées

Deux mois après ce cours, l'enseignante est convoquée par son chef d'établissement pour un rendez-vous avec le parent, dont le profil n'a pas été précisé et qui a jugé raciste la juxtaposition des deux images et relayé une partie du cours sur Facebook en le remettant en cause. Selon le rectorat de Versailles contacté par l'AFP, "cette situation a été prise très au sérieux par l'académie" car "tout message haineux ou menaçant qui pourrait viser un personnel de l'académie fait l'objet d'une attention très vigilante de nos services".

Le rectorat a précisé que les forces de l'ordre avaient été "immédiatement informées" de l'incident et qu'une protection fonctionnelle avait été accordée (à l'enseignante). L'affaire a pris un tour particulier, deux mois après l'assassinat et la décapitation dans le même département de Samuel Paty.

"J'ai tout perdu"

La professeure de Trappes, aujourd'hui âgée de 35 ans, a reçu plusieurs menaces après la publication du père de famille sur les réseaux sociaux, qu'il a supprimée après le rendez-vous au collège. "Traumatisée par l'assassinat de Samuel Paty", l'intéressée a alors déposé plainte et reçu la visite des policiers du renseignement territorial, qui lui ont demandé "de quitter l'Ile-de-France au plus vite", se souvient-elle, désormais professeure remplaçante dans une autre région.

"J'ai tout perdu, tout ce que j'ai construit depuis dix ans, cet homme m'a volé ma vie et j'ai eu très peur pour ma vie", raconte-elle par téléphone à l'AFP, souhaitant travailler désormais "au plus près de sa famille". En novembre, le père d'élève a été condamné pour harcèlement au moyen d'un service de communication au public en ligne à six mois de prison ferme et 13.600 euros de dommages et intérêts par le tribunal de Versailles. Le prévenu a été relaxé du chef d'injure publique envers un fonctionnaire par moyen de communication, a indiqué le parquet à l'AFP, précisant qu'un appel était en cours.


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