Suspicion d'attentat sur le Dakar : le pilote français blessé risque une double amputation

Publié le 4 janvier 2022 à 11h21
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

ÉNIGME - Cinq jours après avoir été blessé dans l'explosion d'un véhicule assistance, qu'il conduisait avant le départ du Dakar en Arabie saoudite, le pilote Philippe Boutron a été rapatrié en France, lundi 3 janvier. Il risque l'amputation de ses deux jambes. Son équipe et ses proches privilégient la thèse de l'attentat.

"La bombe lui a explosé dans les jambes. Il a failli y passer." Jeudi 30 décembre, un grave incident est survenu sur le Dakar, deux jours avant le départ depuis Jeddah, en Arabie saoudite. La voiture d'assistance de l'écurie française Sodicars Racing a mystérieusement explosé, alors qu'elle se rendait aux vérification techniques d'avant-course, causant un trou dans le plancher au niveau du siège conducteur. Parmi les six occupants du véhicule, seul un d'entre eux a été blessé : le pilote de buggy Philippe Boutron, qui était derrière le volant. Il a été sévèrement touché aux jambes par la déflagration. 

Opéré en urgence, le pilote chevronné, dont ce devait être le neuvième Dakar, a été rapatrié en France, lundi 3 janvier. Âgé de 61 ans, l'homme, président du club de football de l'US Orléans, est depuis hospitalisé à l'hôpital de Percy, à Clamart, dans les Hauts-de-Seine. Il a été plongé dans un coma artificiel "pour lui éviter une trop grande souffrance", confie à France Bleu Marie-France Estenave, l'attachée de presse de l'équipe girondine. "Il ne va pas bien du tout", indiquent ses proches, sollicités par Le Parisien. "Il n'a pas été simplement blessé au mollet comme on l'a dit au début. Il a été gravement brûlé et déchiqueté au niveau des membres inférieurs. Nous avons très peur que les médecins soient obligés de l'amputer des deux jambes."

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Un acte "malveillant" et "volontaire"

Si la priorité demeure l'état de santé de Philippe Boutron, l'explosion, elle, reste une énigme. Que s'est-il passé à Jeddah ? Est-ce un accident ou un attentat ? Le ministère de l'Intérieur saoudien a très vite écarté sur Twitter tout "soupçon d'ordre criminel" pour expliquer cet "accident". Malgré le démenti des autorités locales, le ministère français des Affaires étrangères a affirmé que "l'hypothèse d'un acte criminel n'est pas écartée". Il a appelé ses ressortissants à la "vigilance maximale" après cette "explosion". "La menace terroriste persiste en Arabie Saoudite", a rappelé le Quai d'Orsay dans un communiqué.

Prudents, les organisateurs ont eux expliqué qu'ils n'excluaient pas un "acte malveillant", alors que la thèse d'un engin explosif, placé sous la voiture d'assistance, est privilégiée par l'entourage du pilote blessé. Mayeul Barbet, son copilote qui lui est venu en aide, est catégorique : il s'agit d'un "attentat". "Philippe était au volant et la bombe placée dans le longeron sous le pédalier a explosé après avoir effectué 500 mètres après l'hôtel. Sur le coup, nous sommes restés choqués et sans bouger. Puis, la voiture a commencé à s'embraser et Philippe m'a demandé de venir l'aider à se sortir du siège. Il ne sentait plus ses jambes !", raconte-t-il sur le site de l'écurie Sodicars. "J'ai tout de suite opéré en faisant des garrots, car il perdait beaucoup de sang."

C'est un attentat, c'est clair

Marie-France Estenave, attachée de presse de Sodicars Racing

"Appelez cela comme vous voulez, mais c'est bien un acte malveillant. Un engin explosif a été posé là", assure à La République du Centre Joël Pally, présent dans le véhicule qui a explosé et qui était conduit par son ami Philippe Boutron. "C'est un attentat, c'est clair", abonde l'attachée de presse Marie-France Estenave auprès de France 3. "Les autres n'ont rien mais ils ont vu l'enveloppe de la bombe calée dans le longeron avant que le véhicule ne soit saisi par les enquêteurs". "C'est bien une charge qu'il y avait sous le longeron de la voiture qui a pété", confirme Richard Gonzalez, le patron de l'écurie Sodicars Racing. "J'étais sur place, j'ai les photos, j'ai tout vu, c'est bien un acte volontaire, il n'y a aucun doute là-dessus."


Yohan ROBLIN

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