Audit de la FFF : les avocats de Noël Le Graët dénoncent "un procès en légitimité"

par B.L. avec AFP
Publié le 2 février 2023 à 20h12, mis à jour le 26 février 2023 à 19h18

Source : JT 20h Semaine

Un prérapport étrille Noël Le Graët sur son comportement au sein de la FFF.
Les deux avocats du dirigeant du football français dénoncent une "pression politique et médiatique".
Il a jusqu'au 13 février prochain pour répondre au rapport des inspecteurs du ministère des Sports.

La riposte. Les avocats du président de la Fédération française de football Noël Le Graët, épinglé par les conclusions provisoires d'une mission d'audit sur la FFF, dénoncent jeudi 2 février un "rapport aux allures de réquisitoire" et un "procès en légitimité", assurant dans un communiqué que le dirigeant "défendra fermement son honneur".

"La virulence des mots employés à l'égard de Monsieur Le Graët est surprenante au regard de la vacuité de sa base factuelle, qui repose sur des éléments et des témoignages tronqués et anonymes", assurent à l'AFP Mes Florence Bourg et Thierry Marembert, avocats de Le Graët, mis en retrait de la présidence de la FFF depuis le 11 janvier. Ce dernier n'avait pas encore réagi au prérapport de l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR), diligenté par le ministère des Sports et transmis lundi aux parties.

"Ce rapport aux allures de réquisitoire salue néanmoins le travail accompli par Monsieur le Graët, son engagement historique au service du football français, et notamment du football féminin", écrivent les conseils du patron de la FFF, "réélu en mars 2021 à 73% des suffrages". Les avocats affirment que l'ancien maire de Guingamp ressent un "profond sentiment d'injustice" face à cette mission d'audit soumise, selon eux, "à une pression politique et médiatique qui n'ont pu que la biaiser", et qui prend la forme d'un "procès en légitimité".

Une "pression politique et médiatique"

Dans leur rapport provisoire, dont l'AFP a obtenu copie, les inspecteurs ont estimé que Le Graët n'avait "plus la légitimité nécessaire pour administrer" la FFF compte tenu "de son comportement envers les femmes, ses déclarations publiques et les défaillances de la gouvernance" en interne. La mission a par ailleurs recueilli des témoignages relatifs à des agissements du dirigeant breton "susceptibles de recevoir une qualification pénale".

Noël Le Graët a désormais jusqu'au 13 février pour formuler des observations sur le rapport, partiel, qui lui a été transmis. "Malgré nos vives inquiétudes sur la capacité des inspecteurs à s'extraire des influences politiques et médiatiques qui n'ont cessé de peser sur eux, nous répondrons à ce document de travail dans les délais qui nous sont impartis afin que soit reconnue à sa juste mesure la probité de M. Le Graët", poursuivent les avocats du dirigeant de 81 ans, en poste depuis 2011.

Les conseils du patron du football français regrettent par ailleurs "la violation de la confidentialité de ce rapport et le climat ambiant délétère qui fait fi du respect de la présomption d'innocence".

Sévèrement secoué depuis cinq mois par des enquêtes journalistiques, des témoignages de femmes l'accusant de comportements sexistes et inappropriés, ou par ses propres déclarations à l'emporte-pièce sur Zinédine Zidane, le dirigeant fait l'objet depuis mi-janvier d'une enquête pour harcèlement moral et sexuel, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).


B.L. avec AFP

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