Règles, vote, classement... comment le Ballon d'Or 2023 va-t-il être décerné ?

Publié le 30 octobre 2023 à 11h10, mis à jour le 30 octobre 2023 à 17h32
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Source : Téléfoot

Le Ballon d'Or, propriété de France Football, va être de nouveau décerné, lundi 30 octobre, un an après le couronnement de Karim Benzema, 24 ans après son aîné Zinedine Zidane.
Avant de connaître le nom des lauréats de cette édition 2023, TF1info vous explique qui vote et comment ça fonctionne.

Le Ballon d'Or a déjà eu plusieurs vies. Lundi 30 octobre, le nom du lauréat du 67e Ballon d'Or France Football sera révélé au monde. Le reste du classement sera lui dévoilé au compte-gouttes par le magazine. Après une édition 2022, marquée par le sacre de Karim Benzema, premier Français à être récompensé 24 ans après Zinedine Zidane, le prix tant convoité va connaître un nouveau propriétaire.

À l'occasion d'une cérémonie, qui sera présentée par Didier Drogba depuis le Théâtre du Châtelet à Paris, seront aussi décernés le Ballon d'Or féminin, le Prix Socrates (engagement sociétal et caritatif), les trophées Kopa (meilleur jeune), Yachine (meilleur gardien) et Müller (meilleur buteur).

Sur la ligne de départ, ils sont 30 joueurs et 30 joueuses, un nombre réhaussé en 2023, à vouloir inscrire leur nom au palmarès de la plus prestigieuse des récompenses individuelles. Chez les messieurs, la partie semble déjà jouée d'avance. Lionel Messi, auréolé de son titre de champion du monde, glané au Qatar, devrait soulever son huitième Ballon d'Or.

Lionel Messi soulève la Coupe du monde, le 18 décembre 2022.
Lionel Messi soulève la Coupe du monde, le 18 décembre 2022. - KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Désormais à l'Inter Miami aux États-Unis, après un passage raté au PSG "où (il n'était) pas heureux", "la Pulga" va a priori devancer les "nouveaux" deux extraterrestres du football mondial. Pour sa première saison à Manchester City, Erling Haaland a réussi le triplé Ligue des champions-Premier League-FA Cup, fini meilleur buteur de la C1 (12 en 11 matchs) et battu le record absolu de buts sur une saison en Angleterre (36 buts en 35 matchs). Mais "le Cyborg", élu joueur UEFA de l'année, a beau avoir tout écrasé sur son passage avec son club, cela reste "insuffisant" pour détrôner Lionel Messi. 

Quatrième en 2018, Kylian Mbappé va, probablement, monter sur le podium du Ballon d'Or. Une grande première pour lui. Un lot de consolation pour le capitaine des Bleus, qui aurait pu rêver plus grand après son triplé tonitruant en finale de la Coupe du monde. Buteur à 54 reprises en 56 matchs, avec le PSG et l'équipe de France, désigné meilleur joueur et buteur de Ligue 1, qu'il a remportée sous le maillot parisien, le Soulier d'Or du Mondial 2022 devrait payer l'absence d'un trophée majeur sur la saison écoulée. À moins que Rodri ou Kevin De Bruyne lui chipent la place.

Si le nom du lauréat masculin a tout d'une évidence, chez les dames aussi la hiérarchie est bien établie. Après Alexia Putellas, lauréate en 2021 et 2022, mais gravement blessée cette saison, sa compatriote, Aitana Bonmati va être, sauf grande surprise, l'heureuse élue. Preuve de la domination de l'Espagne, sacrée championne du monde en Océanie l'été dernier. Formée elle aussi au Barça, la milieu de 25 ans a contribué à faire de son club un grand d'Europe, vainqueur de la Ligue des champions 2021 et 2023 et des quatre dernières Ligas. La meilleure joueuse du dernier Mondial et lauréate du prix UEFA devrait être accompagnée sur le podium de la Madrilène Olga Carmona, buteuse décisive lors de la finale, et l'Allemande Alexandra Popp.

Un mode d'attribution revu et corrigé

Créé en 1956 par France Football, le trophée qui récompense le meilleur joueur de l'année n'a toutefois pas toujours existé sous sa forme actuelle. La distinction, réservée jusqu'en 1995 aux seuls joueurs européens et évoluant dans un club européen, s'est peu à peu ouverte aux joueurs étrangers évoluant en Europe puis à toutes les nationalités en 2007. Ce qui explique pourquoi ni Pelé ni Diego Maradona, qui ont pourtant soulevé la Coupe du monde, ne l'ont jamais remporté durant leur carrière. 

Son mode d'attribution a évolué en 2010, avec un panel de votants élargi et un système de notation corrigé. Jugé inéquitable, puisqu'il ne récompensait pas le meilleur joueur de l'année (Wesley Sneijder en 2011 ou Franck Ribéry en 2013) mais avant tout le meilleur joueur du monde, il a été totalement refondu en 2016 avec la fin du partenariat avec la Fifa.

Dès lors, le magazine a choisi de revenir à une formule plus traditionnelle en s'appuyant sur ce qui avait fait le succès du Ballon d'Or jusqu'alors : le vote unique de 170 journalistes, passés à 100 en 2022, choisis sur la base des 100 premiers pays au classement Fifa, plus trois nouveaux jurés (Didier Drogba et les deux journalistes les plus pertinents sur le vote précédent). Depuis 2018, le même process est appliqué pour le Ballon d'Or féminin, où 50 journalistes spécialistes du football, correspondant aux 50 premiers pays Fifa, sont appelées à se prononcer pour désigner la gagnante.

Un calendrier calqué sur la saison

Deux petites nouveautés sont venues s'insérer la saison passée. Le système de notation, dicté par trois critères, a vu celui de la carrière du joueur/de la joueuse disparaître. L'objectif : réduire les risques d'une "chasse gardée", un travers du passé avec 12 sacres partagés entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo en 13 ans. Les "valeurs" retenues sont désormais les suivantes  : 1. les performances individuelles et le caractère décisif ; 2. les performances collectives durant l'année considérée, comprenez le palmarès et 3. la classe du joueur/de la joueuse, autrement dit le talent et le fair-play. 

Chaque critère délivre des points, dont le nombre varie en fonction de la position du joueur. Un classement est alors établi, permettant d'en tirer un lauréat et une lauréate dévoilés lors d'une cérémonie diffusée sur la chaîne L'Équipe, qui appartient au même groupe que le magazine à l'origine de ce prix. Mais la vraie révolution, actée en 2022, réside ailleurs. Depuis 1956, le Ballon d'Or était attribué au terme de l'année civile, qui obligeait les votants à juger les performances de deux demi-saisons (janvier-juillet et août-décembre). Le calendrier s'aligne désormais sur la saison (août-juillet), du début des grands championnats à la fin des compétitions internationales, "pour gagner en cohérence, en lisibilité et en clarté".


Yohan ROBLIN

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