La NBA fait son grand retour à Paris, jeudi 19 janvier, avec une affiche de légende entre les Detroit Pistons et les Chicago Bulls.
Sur le parquet de l'Accor Arena, la France sera représentée par Killian Hayes, qui évolue en meneur au sein de la franchise du Michigan.
L'ancien Choletais s'est livré à TF1info, à quelques heures du plus grand rendez-vous basket de l'année dans l'Hexagone.

Il le dit lui-même : jouer un match NBA à Paris est "un privilège". En 2020, la puissante Ligue nord-américaine de basket-ball avait fait un détour par la France, dans le cadre des NBA Global Games, avec un match de saison régulière opposant les Charlotte Hornets aux Milwaukee Bucks. En dépit du succès de l'événement, il aura fallu attendre trois ans, en raison du Covid-19, pour revoir ce grand barnum dans l'Hexagone. Et c'est l'Accor Arena qui accueille, jeudi 19 janvier, une affiche de prestige entre deux franchises ennemies : les Detroit Pistons et les Chicago Bulls. 

En marge de ce NBA Paris Game 2023, TF1info est allé à la rencontre de Killian Hayes, le meneur franco-américain des Pistons, dans un luxueux hôtel de la capitale. Du haut de ses 21 ans et de son mètre 96, l'ancien Choletais, qui collabore avec le partenaire voyage officiel de la compétition Hotels.com, sera la principale attraction de ce match attendu avec impatience par le public français. Interview avec "Killer K", drafté en 7e position par Detroit en 2020, du jamais-vu pour un joueur tricolore

La NBA revient à Paris après trois longues années d'absence. Vous serez de la partie avec les Detroit Pistons. Que ressentez-vous à l'idée de jouer ce match devant le public français ?

Killian Hayes : Je l'ai appris il y a longtemps. C'était dur parce que je devais garder le secret. Ce n'est pas tous les jours qu'on vient jouer un match de NBA à Paris. C'est vraiment une opportunité unique, un privilège qui nous est fait. Il y a 30 équipes dans la Ligue et on a la chance d'avoir été choisis, nous et les Chicago Bulls, donc il faut profiter de cette chance. Tous les gars sont excités à l'idée de jouer ce match ici. Moi le premier, puisque je suis de retour en France, à la maison. Je vais pouvoir voir ma famille et mes amis, qui n'ont pas pu me voir jouer depuis un bon moment déjà. Ma grand-mère sera en tribunes. Ça fait depuis l'époque où je jouais à Cholet qu'elle n'est pas venue à l'un de mes matchs. Ça va être un très beau moment pour moi.

Le match est sold out depuis des mois. Les places mises à la vente se sont arrachées en moins de cinq minutes. Avez-vous réussi à en récupérer quelques-unes pour votre clan ?

(Il sourit) J'ai eu beaucoup de demandes (pour obtenir des tickets, ndlr). C'est dur de leur dire "non", parce que me voir jouer un match de NBA en France, ça ne va arriver qu'une fois dans ma carrière. J'essaie de ramener le plus de monde au match, tout en limitant quand même ma famille et mes amis à une ou deux personnes supplémentaires, au maximum.

Lorsque l'on vous regarde évoluer en NBA, la pression semble glisser sur vous. À l'occasion de ce match à Paris, devant vos proches, y a-t-il, pour une fois, une appréhension particulière ?

Pour l'instant, je le prends juste comme un autre match de NBA. Peut-être qu'il y aura un peu de pression juste avant le match, mais, peu importe où l'on joue, ça reste un match de saison régulière. Notre but, c'est de battre les Chicago Bulls, et rien d'autre. Une fois que le match aura commencé, ce sera comme aux États-Unis. On ne verra aucune différence. 

Victor (Wembanyama) fait du très gros bruit en NBA
Killian Hayes, meneur des Detroit Pistons

Après deux saisons d'adaptation, vous êtes en train de vous imposer au sein de la franchise de Détroit. Avec le recul, qu'est-ce qui a été le plus dur lorsque vous avez mis les pieds en NBA ?

Mon père est Américain, dont la transition entre la France et les États-Unis s'est faite plutôt facilement. En revanche, le rythme est harassant. Lors de ma rookie saison (première saison, ndlr), je suis passé de 30 à 82 matchs. Ça pousse ton corps dans ses retranchements. Et puis, les gens ne le savent pas toujours, mais en NBA on voyage beaucoup. On est tout le temps dans l'avion. Les back to back (jouer deux matchs d'affilée en deux soirs, ndlr), c'est quelque chose que je n'avais pas fait auparavant, à part dans les tournois minimes où tu joues tous les jours. Jouer un match le lundi, voyager et rejouer le mardi. C'était ça le plus dur.

Être à Paris cette semaine, ça vous permet de souffler un peu...

Ça fait bizarre, parce que d'habitude on a trois, quatre matchs par semaine. Là, on n'en a qu'un. C'est un peu comme un break, mais il ne faut pas qu'on se relâche. On est là pour jouer les Chicago Bulls. Et on veut gagner.

Killian Hayes, le meneur des Detroit Pistons, en interview.
Killian Hayes, le meneur des Detroit Pistons, en interview. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Vos partenaires profitent-ils de cette escapade parisienne pour s'intéresser au basket français ?

Oui, mais même en temps normal ça les intéresse. Il nous arrive de parler d'Euroligue dans le vestiaire. Bojan Bogdanovic (l'ailier des Detroit Pistons, ndlr) a joué en Euroligue. On nous pose pas mal de questions. Victor (Wembanyama) fait du très gros bruit en NBA. Moi je regarde toujours la BetClic Elite. Je suis attentivement Cholet et les gars avec qui je jouais, comme Yoan Makoundou qui est à Monaco ou Abdou (Abdoulaye N'doye) au Mans. J'essaie toujours de suivre les matchs. 

Je vais emmener les gars au Louvre pour voir La Joconde
Killian Hayes, meneur des Detroit Pistons

Vous êtes arrivés lundi en France avec les Pistons. Vos coéquipiers, pour la plupart, découvrent Paris pour la première fois. Leur avez-vous concocté un petit programme sur mesure ?

Je leur ai dit qu'il fallait aller place du Trocadéro pour voir la Tour Eiffel (le lieu privilégié par les fans, selon l'étude "Alley-oop on part en vacances" pour Hotels.com, partenaire voyage officiel de la NBA, ndlr). C'est l'endroit parfait, avec la meilleure vue possible. Un autre endroit que j'aime beaucoup, c'est l'avenue des Champs-Élysées. J'aime beaucoup faire du shopping. C'est la Fashion Week en plus en ce moment, donc c'est l'occasion de faire quelques emplettes. Je ne sais pas ce que mes coéquipiers vont faire avec leur argent, mais moi j'ai prévu de me faire un peu plaisir. Ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de venir à Paris. Et puis il y a des restaurants. J'essaie de les guider vers les bonnes adresses où il faut aller. Je vais essayer de les emmener au Louvre. Moi j'y suis déjà allé, mais je sais qu'il y a des gars qui veulent voir La Joconde. 

Vous ont-ils demandé quelques mots en français pour pouvoir se débrouiller seuls dans les rues de Paris ?

Ils me saoulent (rires). Ils disent "bonjour" tout le temps. Ils répètent "je m'appelle". (rires) Ils veulent apprendre le français, mais je leur réponds qu'il fallait s'y mettre avant. Ce n'est pas en quatre jours qu'on l'apprend.


Yohan ROBLIN

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