Bousculade mortelle dans un stade de football en Indonésie

Bousculade mortelle dans un stade : après le drame, l'Indonésie cherche les responsables

Yohan ROBLIN
Publié le 3 octobre 2022 à 11h06
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Samedi 1er octobre, un gigantesque mouvement de foule dans le stade de Kanjuruhan, en Indonésie, a causé la mort d'au moins 131 personnes, dont 32 enfants, et fait 323 blessés, selon un dernier bilan actualisé.
La police locale est montrée du doigt dans ce qui est déjà décrit comme l'un des pires drames de l'histoire du football.
Le pays recherche les responsables "qui ont perpétré les crimes".

Après le choc, le temps des responsabilités. Samedi 1er octobre, l'Indonésie a vécu l'une des pires tragédies survenues dans un stade de football. À l'issue de la défaite 3-2 contre le club de la ville voisine, Persebaya Surabay, les supporters de l'équipe locale du Arema FC ont pénétré sur la pelouse du stade Kanjuruhan, à Malang, à l'est de l'île de Java. Pour disperser la foule, les forces de sécurité ont fait usage de la force, utilisant notamment des gaz lacrymogènes, ce qui a provoqué une gigantesque bousculade. Selon un bilan, revu à la baisse, au moins 131 personnes, dont 32 enfants, ont perdu la vie et 323 autres ont été blessées. 

Deux jours après cette "tragédie au-delà de l'imaginable", selon les mots du président de la Fifa Gianni Infantino, l'Indonésie cherche à comprendre ce qu'il s'est passé. "Des mesures doivent être prises" contre les personnes "qui ont perpétré les crimes", a tancé, lundi 3 octobre, le ministre en charge de la Sécurité Mahfud MD. "Nous demandons à la police nationale d'identifier et de trouver les auteurs des crimes dans les prochains jours", a-t-il exigé dans une déclaration télédiffusée. Dans le même temps, le président Joko Widodo a annoncé, outre des compensations financières (50.000 millions de roupies, soit 3200 dollars) pour chaque victime décédée, l'ouverture d'une enquête sur ce mouvement de foule meurtrier. 

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Une annonce à laquelle les groupes de défense des droits, Amnesty International en tête, ont réagi, réclamant que les investigations soient conduites de manière indépendante et que la police rende des comptes sur cette intervention menée dans un espace confiné. "Nous appelons les autorités à conduire une enquête rapide, approfondie et indépendante sur l'utilisation de gaz lacrymogènes au sein du stade et à veiller à ce que les personnes qui ont commis ces infractions soient jugées en audience publique", a écrit l'ONG dans un communiqué. "Ces pertes de vies humaines ne peuvent rester sans réponse."

Le chef de la police de Malang limogé

Les forces de l'ordre, qui ont perdu deux des leurs dans ce qu'ils ont qualifié d'"émeute", sont sommées de s'expliquer. Des témoins, présents au stade Kanjuruhan les accusent d'avoir riposté de manière excessive, causant la mort de dizaines de spectateurs. "Il y a eu des supporters qui sont morts dans les bras des joueurs", a raconté sur les ondes de la Cadena SER Javier Roca, l'entraîneur chilien d'Arema FC, livrant un récit glaçant. "Je pense que la police est allée trop loin. En regardant les images, ils (les policiers, ndlr) auraient peut-être pu utiliser d'autres méthodes."

Les premières sanctions, elles, n'ont pas tardé à tomber. "Sur la base de notre enquête (...), le responsable de la police nationale a pris la décision de limoger le chef de la police de Malang Ferli Hidayat et de le remplacer", a annoncé, lundi, le porte-parole Dedi Prasetyo, au cours d'une conférence de presse télévisée. Par ailleurs, au moins neuf policiers exerçant dans la ville indonésienne ont été suspendus. "Ils font tous l'objet d'une enquête", a-t-il ajouté, précisant que 28 policiers au total étaient interrogés. 

Des fans d'Arema FC ont pénétré sur le terrain du stade Kanjuruhan, le 1er octobre 2022. - STR / AFP

Un usage démesuré de la violence qui éclabousse aussi les Forces armées indonésiennes (TNI). Des vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux, montrent des soldats rouer de coups des supporters. Des faits que la hiérarchie des TNI a reconnu de vive voix. "Ce n'est pas de l'éthique, mais un crime", a déploré le commandant Andika Perkasa, incitant le public indonésien à fournir le maximum de preuves afin d'identifier le ou les soldats qui auraient pris part à ces actes de violence.

En attendant d'autres sanctions, Malang pleure ses morts. "En tant que président du club Arema FC, j'endosse l'entière responsabilité pour les incidents qui se sont produits", a déclaré Gilang Widya Pramana, en larmes à la télévision. "Je présente mes profondes excuses aux victimes, à leurs familles, aux Indonésiens et à la Liga 1", la première division locale. 


Yohan ROBLIN

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