"T'es bonne à rien" : une enquête ouverte après des témoignages de maltraitance en équipe de France de gymnastique

Publié le 15 mai 2023 à 9h16, mis à jour le 15 mai 2023 à 15h19

Source : Sujet TF1 Info

Six anciennes gymnastes tricolores ont raconté, dimanche 14 mai, dans une enquête de Stade 2, des violences physiques et psychologiques.
Des faits de maltraitances qui auraient été commis par un entraîneur et une haute dirigeante de l'équipe de France de gymnastique.
La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, s'est saisie du sujet en annonçant l'ouverture d'une enquête après ces révélations.

C'est une affaire qui fait déjà grand bruit. Six anciennes gymnastes, dont quatre s'exprimant à visage découvert, ont témoigné, dimanche 14 mai, dans une enquête diffusée dans l'émission Stade 2, des maltraitances physiques ou psychologiques qu'elles ont subies lorsqu'elles étaient actives. Sur le banc des accusés : un entraîneur, dénoncé publiquement en 2007 pour ses méthodes en Suisse, avant qu'il officie auprès des Bleues, et déjà mis en cause en 2019 par une gymnaste mexicaine, Elsa Garcia ; et une haute dirigeante de l'équipe de France de gymnastique artistique "depuis une quinzaine d'années". 

"T'es une chèvre, t'es nulle, t'es bonne à rien. (...) C'est quand que tu vas arrêter de grossir ?" À l'instar de deux athlètes, sous couvert d'anonymat, Clara Della Vedova a dénoncé les nombreuses insultes qu'elle a subies, notamment sur son poids. Un climat si délétère qu'après s'être blessée à un tendon d'Achille avant les Jeux de Londres en 2012, elle a raconté avoir ressenti "un énorme soulagement, parce que tout ça en finissait". Marine Petit, 15 ans à l'époque, a dit elle avoir été giflée par la haute responsable, après avoir participé à une fête autour du médaillé d'argent Thomas Bouhail lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008. 

C'est tolérance zéro pour ce type de violences
Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports

Ancienne gymnaste, aujourd'hui âgée de 26 ans, Valentine Sabatou a confié, face caméra, avoir été contrainte à 16 ans de participer à une démonstration, malgré une fracture à la cheville, alors que l'entraîneur était "au courant" de cette blessure. Une version qu'il a contestée par écrit, reconnaissant toutefois avoir pu avoir des paroles blessantes. Pour le moment, les deux personnes visées par ces accusations n'ont reçu ni sanction pénale ni disciplinaire et leur identité n'a pas divulguée.

"On ne peut que être dévasté. Ce sont des témoignages très courageux. (...) Voir cette souffrance, évidemment, ça bouleverse", a réagi la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, après avoir découvert l'enquête sur le plateau de Stade 2. "Ce reportage vaut signalement. Ce qu'il faut, c'est qu'on puisse ouvrir une enquête et on va le faire dès demain (lundi) matin avec les équipes du ministère des Sports", a-t-elle indiqué, annonçant qu'elle allait "convoquer" le président de la FFGym, James Blateau, et le DTN, Kévinn Rabaud, "pour comprendre ce qu'il se passe". "C'est tolérance zéro pour ce type de violences", a-t-elle rappelé, avec fermeté.

Après avoir refusé de répondre à Stade 2, le président de la FFGym a finalement réagi par communiqué dans la soirée. "Je prends toute la mesure des témoignages et dès à présent, j'apporte mon soutien entier aux victimes. En conséquence, j'ai convoqué une réunion exceptionnelle du bureau exécutif de la Fédération dès ce lundi afin d'échanger sur les mesures à engager", a écrit James Blateau, en poste depuis 2013. "J'aurais l'occasion de m'exprimer après notre rencontre avec madame la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, pour préciser les mesures prises par la Fédération pour stopper toutes formes de violences." 


Yohan ROBLIN

Tout
TF1 Info