FOOTBALL - Franz Beckenbauer et Angel Maria Villar Llona font l'objet d'une procédure ouverte par la commission d'éthique de la Fifa. Laquelle indique en outre qu'elle "fera tout ce qui est en son pouvoir" pour rendre son jugement sur Joseph Blatter et Michel Platini avant la fin de leur suspension de 90 jours.

Il y a encore quelques mois, Michel Platini plaisantait en indiquant qu'il avait mis "une alerte Fifa sur (son) téléphone". Celles qu'il reçoit aujourd'hui doivent beaucoup moins le faire sourire. La dernière en date, ce mercredi après-midi, lui aura appris qu'une autre icône du football se trouve dans la tourmente. En l'occurrence, l'Allemand Franz Beckenbauer, ancien membre du comité exécutif de la Fifa, désormais visé, comme l'Espagnol Angel Maria Villar Llona, un des vice-présidents actuels de l'instance, par une procédure ouverte par la commission d'éthique. Celle-là même qui a sanctionné le Français et le président Sepp Blatter. À ce sujet, cet organe disciplinaire a aussi indiqué qu'il "fera tout ce qui est en son pouvoir" pour rendre son jugement d'ici la fin de leur suspension de 90 jours, en raison du versement de 1,8 millions d'euros qui les lie.

Concernant Franz Beckenbauer, ladite commission d'éthique n'a pas précisé les motifs l'ayant poussé à ouvrir ladite procédure. Mais on notera qu'elle suit de quelques jours la révélation par l'hebdomadaire Der Spiegel de l'existence d'une caisse noire de 6,7 millions d'euros ayant servi à acheter des voix lors du vote sur la désignation du pays-hôte de la Coupe du monde 2006. Alors vice-président du comité de candidature allemand, l'ex-défenseur était au courant selon Der Spiegel, même s'il nie farouchement avoir versé de l'argent à quiconque. Quant à Angel Maria Villar Llona, il est soupçonné d’avoir procédé à un échange de voix avec le Qatar alors que l'Espagne, dont il dirige la fédération, était candidate à l'organisation du Mondial 2018.

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Michel Platini, lui, a réagi ce mercredi après-midi, par l'intermédiaire de son avocat, aux allégations de possible "falsification des comptes de la Fifa" émanant d'un haut responsable de l'instance. "Il ne fait pas de doute qu'il n'incombait pas à Michel Platini de s'assurer personnellement de l'enregistrement de sa créance dans les comptes de la Fifa. Michel Platini n'a jamais été membre de la commission des finances ou de la commission d'audit (de la Fifa), seules chargées de s'assurer de la conformité et de la fiabilité des comptes. La facture émise par Michel Platini a été enregistrée par la direction financière de la Fifa et les comptes de celle-ci ont été vérifiés par ses commissaires au compte", a exposé Me Thibaud d'Alès.

Reste que, dans la foulée, la commission d'éthique a donc confirmé sa suspension, tout en s'engageant à "s’assurer qu'une décision finale peut être prise par la chambre de jugement d'ici la fin de la suspension". En d'autres termes : il saura avant le 5 janvier, date de la fin de sa suspension, si cette procédure avait bien lieu d'être au yeux de l'instance... Cela lui fait une belle jambe : mardi, la commission électorale de la Fifa, qui in fine validera, ou non, sa candidature, a de toute façon décidé de ne pas se prononcer sur son cas avant la fin de la sanction. Commission électorale dont le président n'est autre que Domenico Scala, soit l'homme qui l'accuse d'avoir falsifié les comptes... Autant dire qu'à la place de Michel Platini, on ne voudrait plus jamais recevoir d'"alerte Fifa".


Hamza HIZZIR

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