Coupe Davis : c'est quoi la méthode de Yannick Noah, "le Raymond Goethals" du tennis ?

Adrien Chantegrelet
Publié le 22 septembre 2015 à 17h17
Coupe Davis : c'est quoi la méthode de Yannick Noah, "le Raymond Goethals" du tennis ?
L'essentiel

TENNIS – Officiellement intronisé au poste de capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis, Yannick Noah s'est déjà affirmé dans son nouveau rôle à travers une conférence de presse convaincante. Le successeur d'Arnaud Clément a déjà laissé transparaître quelques indices sur la méthode à appliquer auprès de Tsonga & co.

Un cadre à respecter
Durant le mandat d'Arnaud Clément (2013 à 2015), le manque d'autorité du capitaine des Bleus, ainsi que la grande liberté dont pouvaient bénéficier les joueurs de l'équipe de France, ont souvent été remis en cause. Avec Yannick Noah, les petites considérations personnelles des joueurs n'auront plus leur place. Ces derniers mois, Gaël Monfils avait eu tout le loisir de refuser une sélection avec les Bleus, avant de se rétracter finalement, tandis que le manque d'investissement de Richard Gasquet, tout juste éliminé en demi-finale de Wimbledon, avant la rencontre face à la Grande-Bretagne en juillet avait également de quoi surprendre. Aujourd'hui, de tels comportements seront certainement soumis à une lourde sanction malgré leur statut. "Il faut un cadre bien défini. A partir du moment où le cadre est défini, celui qui sort du cadre, sort. Il n'y aura pas un, pas deux, pas trois avertissements. Quand on se dit les choses, on fait les choses. A ce moment-là, oui il faut faire preuve d'autorité", a prévenu Noah.

Il ne va pas leur apprendre à jouer au tennis
En décidant de faire son retour sur le banc de l'équipe de France, Yannick Noah n'est pas venu pour jouer les professeurs d'école de tennis. Tsonga, Monfils, Gasquet ont atteint le dernier carré d'un Grand Chelem, ont trusté le haut du panier du classement ATP ces dernières années, ils connaissent donc suffisamment bien les "bases" techniques de leur sport. Le double vainqueur de la Coupe Davis (1991, 1996) en tant que capitaine est davantage là pour influer sur l'aspect mental des troupes, à l'image de sa collaboration avec le jeune Lucas Pouille lors du dernier Roland-Garros. La défaite en finale contre la Suisse à Lille en novembre 2014, a certainement laissé des traces. "Je ne vais pas aller voir Gilles et lui dire : "Allez, plie les jambes." Il y a des mots qui ont disparu. Solidarité, union sacrée. Il faut que ça revienne !", réclame Noah. Ces valeurs permettront peut-être à celui qui, à 55 ans, se considère comme "le Raymond Goethals du tennis" en référence au coach belge de l'OM ayant remporté la seule Ligue des champions au sein d'un club français, de remporter le fameux Saladier d'Argent qui échappe à la France depuis 2001.

EN SAVOIR + >> VOTRE AVIS - Noah est-il l'homme de la situation ?

Mobiliser l'ensemble des tennismen français
En disposant d'une génération en or, Arnaud Clément a rarement été confronté à des choix cornéliens lorsqu'il était amené à composer son groupe pour les rencontres de Coupe Davis : Tsonga, Simon, Monfils, Gasquet, plus un joueur de double (Llodra, Benneteau ou Mahut), étaient de la partie lors des matches de l'équipe de France. L'absence d'un Pierre-Hugues Herbert au côté de Nicolas Mahut pour le 1/4 de finale contre la Grande-Bretagne avait notamment été reprochée au capitaine de l'époque. Et si Noah élargissait son groupe et amenait du sang neuf ? En tout cas, il souhaite inculquer les valeurs de la Coupe Davis auprès de tous et pas seulement aux habitués de la prestigieuse compétition par équipes. "J'ai des contacts avec tous les joueurs: Simon, Gasquet, Tsonga, Monfils, Mahut, Herbert, Benneteau, Mannarino, Paire. Je veux que tous les joueurs soient concernés, a révélé le nouvel homme fort du tennis français. Je veux qu'ils sachent comment on va fonctionner. Ils seront tous amenés à représenter l’équipe de France. J'ai passé du temps avec le staff pour savoir si leur motivation est à la hauteur de ce que j'attends." Le premier tour de Coupe Davis (4-6 mars 2016) permettra de répondre aux premières interrogations. Et d'y voir plus clair.